Hamac - Bruxelles: un réseau solidaire pour les parents solo

L’ASBL HAMAC offre le cadre et le suivi nécessaires pour qu’une famille monoparentale puisse confier chaque semaine son enfant à un/une bénévole, le temps d’une activité à domicile ou d’une sortie dans son quartier.

Katel Fréson
Julie Praet, cofondatrice de Hamac et Julie Patard, une accompagnante bénévole d’un enfant.
Julie Praet, cofondatrice de Hamac et Julie Patard, une accompagnante bénévole d’un enfant. ©Vincent Lorent 

« Pouvoir compter sur Danielle chaque mercredi pour s’occuper de Lina a diminué ma charge mentale. Elle est un repère affectif, de toute confiance. Ma fille revient toute lumineuse de ces après-midi partagées » , confie Amélie. Cette Bruxelloise élève seule sa fille, Lina. Elle a fait appel à l’ASBL HAMAC, lancée il y a 4 ans par Julie Praet et Laure Greban. Par l’intermédiaire de l’encadrement sécurisant proposé par HAMAC, des habitants et habitantes s’engagent auprès d’un parent solo de leur quartier, dans une relation durable avec l’enfant dont ils s’occupent plusieurs heures chaque semaine.

Entourant Lina (11 ans), sa maman Amélie et son "accompagnante" Danielle savourent leur chance. "Nous avons formé un petit cocon, explique Danielle. Mes petits-enfants vivent en Espagne. Les autres sont ados. Lina est venue éclairer ma vie de grand-mère un peu éparpillée. Son imagination est sans limite." Lina raconte les moments joyeux partagés avec Danielle: "Quand je n’ai pas trop de devoirs, on va à la piscine. On fait des bricolages, une œuvre d’art avec des frites. On lit ensemble. Pour la fête des mères, j’avais préparé un jeu de piste chez Danielle pour que maman trouve son cadeau et on a cuisiné un menu pour nous trois."

L’avenir de notre société repose sur la réappropriation de relations sociales authentiques, intergénérationnelles et désintéressées.

Aider des parents solos fragilisés

Le projet HAMAC se construit toujours localement. Chaque rencontre entre un parent solo et un accompagnant est d’abord déterminé par leur proximité géographique. "Nous voulons tisser du lien au niveau le plus local, celui du quartier, et encourager l’échange et la mise en réseau à cette échelle humaine" , précise Julie Praet cofondatrice de HAMAC.

À ses côtés, lors de notre rencontre, une autre Julie, 27 ans qui accompagne Pauline (6 ans). "Je vais chercher Pauline à l’école le vendredi en fin de journée. Je l’emmène dans ma colocation où elle s’est fait trois grandes copines. Elle sait qu’elle peut me dire ses petits secrets. La maman a été rassurée en me rencontrant. Pauline a beaucoup d’énergie. Nous allons jouer au parc puis nous rentrons cuisiner ensemble. Je voulais retrouver le contact avec des enfants et être utile à des mamans qui assument tout, toutes seules."

Le choix de Hamac de concentrer son action sur les familles monoparentales est motivé par la volonté d’aider une catégorie de ménages fragilisés, encore trop peu soutenue et en croissance significative sur le territoire de la région bruxelloise. Une famille sur trois, à Bruxelles, est en effet composée d’un parent solo avec un ou plusieurs enfants. 86% sont des femmes et toutes connaissent un risque de pauvreté aggravé, d’isolement social et d’épuisement.

"Nous pensons que l’avenir de notre société repose sur la réappropriation de relations sociales authentiques, intergénérationnelles et désintéressées" , conclut Julie Praet.

https://www.hamacasbl.be