Picnic the Bridge sur le pont Porte de Flandre: «Y voir mes enfants à vélo me met dans un état d’angoisse constant»

Trafic, bruit, urbanisme déficient : la Porte de Flandre est le carrefour le plus pollué de Bruxelles. Pour les 10 ans de « Picnic the Streets », sa déclinaison « Picnic the Bridge » exige des solutions pour ce pont reliant Bruxelles et Molenbeek.

Julien Rensonnet

« À 14h45, on s’installera aussi sur la Petite Ceinture ».

Ce message craché dans un haut-parleur reçoit l’assentiment de la police. Et à l’heure dite, une centaine de manifestants réunis depuis 14h sur le pont de la porte de Flandre se déplace d’une vingtaine de mètres.Les couvertures se déplient, les canettes se dégoupillent, les salades de fruits se partagent, la crème solaire s’asperge.A distance respectueuse, les bikers de la zone de police Bruxelles-Ixelles orientent le trafic et les bus vers la rue Dansaert.Sur l’autre rive, à l’embouchure de la chaussée de Gand, c’est la zone Ouest qui apaise les conducteurs de berlines.

«La pire qualité de l’air de Bruxelles»

Ce rendez-vous sur l’eau, à cheval entre Bruxelles et Molenbeek, marque les 10 ans de Picnic the Streets. L’ambition de ce premier "Picnic the Bridge" est de répéter le "coup" qui a mené à la piétonnisation des boulevards du centre."C’est un appel à l’aide car la Porte de Flandre reste un gros point noir bruxellois", confirme Marc Escudero, riverain."En termes de qualité de l’air, les mesures de CurieuzenAir pointent ce carrefour comme le pire de Bruxelles avec plus de 60 microgrammes de NO2 par m3.La norme européenne recommande un maximum de 40.On est donc 50% au-dessus".

En termes de qualité de l’air, ce carrefour est le pire de Bruxelles avec plus de 60 microgrammes de NO2 par m3. On est donc 50% au-dessus des normes européennes.
 Des centaines de riverains et de Bruxellois venus de plus loin ont répondu à l’appel de «Picnic the Bridge»: la manifestation de ce dimanche 12 juin revendique un carrefour apaisé à la porte de Flandre, lien contrarié entre la Ville de Bruxelles et Molenbeek, scindés par le canal.
Des centaines de riverains et de Bruxellois venus de plus loin ont répondu à l’appel de «Picnic the Bridge»: la manifestation de ce dimanche 12 juin revendique un carrefour apaisé à la porte de Flandre, lien contrarié entre la Ville de Bruxelles et Molenbeek, scindés par le canal. ©ÉdA – Julien RENSONNET

C’est évidemment le trafic qui est pointé par les quelques centaines de Bruxellois rassemblés ce 12 juin.Sur ce carrefour alambiqué se croisent en effet Petite Ceinture, rue Dansaert et chaussée de Gand, lignes de trams et bus et pistes cyclables très fréquentées dans un maelström indescriptible.Ce dans un quartier très dense, entre zones populaires et gentrifiées, où les terrasses attirent de loin. "Les solutions trouvées il y a 10 ans à la Bourse ne font que renforcer les problèmes ici.Cette zone de la Petite Ceinture continue de diviser la ville en deux. On est oublié", regrette Teresa Epalza, qui habite le quartier. "On prétend les relier, on dresse des passerelles, les touristes visitent Molenbeek où s’ouvrent des musées.Mais circuler Porte de Flandre reste un défi.On doit être constamment en alerte", pointe cette maman de deux enfants de 3 et 6 ans."Ils vont à l’école à vélo mais ça me met dans un état d’angoisse constant".

Les solutions trouvées il y a 10 ans à la Bourse ne font que renforcer les problèmes ici. circuler Porte de Flandre reste un défi.On doit être constamment en alerte.

La Porte de Flandre est en effet l’une des zones les plus accidentogènes de la capitale. "Mais c’est l’une des rares qui ne bénéficient pas de plan de transformation clair, avec l’avenue de Tervueren et Meiser", peste Marc Escudero, qui souligne aussi "les nuisances sonores" planant sur les deux rives du canal.

Communes et Région dans le bain

Alors les riverains veulent que ce "Picnic The Bridge" marque "un début". Le frichti pourrait dès lors se répéter."C’est un N°1", prévient-on.La demande est claire: "Notre collectif de riverains, de commerçants, d’associations veut une concertation.Les politiques doivent se mettre autour de la table car la situation actuelle n’est pas tenable", insiste Marc Escudero. Qui sait que ça sera "compliqué" puisque Molenbeek, la Ville et la Région devront se pencher sur le dossier. "On demande au citoyen de transformer ses habitudes, de passer à la marche, au vélo, aux transports en commun", relève Teresa Epalza."Mais l’infrastructure ne suit pas".

 Des centaines de riverains et de Bruxellois venus de plus loin ont répondu à l’appel de «Picnic the Bridge»: la manifestation de ce dimanche 12 juin revendique un carrefour apaisé à la porte de Flandre, lien contrarié entre la Ville de Bruxelles et Molenbeek, scindés par le canal.
Des centaines de riverains et de Bruxellois venus de plus loin ont répondu à l’appel de «Picnic the Bridge»: la manifestation de ce dimanche 12 juin revendique un carrefour apaisé à la porte de Flandre, lien contrarié entre la Ville de Bruxelles et Molenbeek, scindés par le canal. ©ÉdA – Julien RENSONNET

Présent comme manifestant il y a 10 ans à la Bourse, Bart Dhondt coiffe désormais la casquette d’échevin de la Mobilité à la Ville de Bruxelles.L’élu Groen l’assure: "L’événement ici bénéficie d’une grosse adhésion. On entend cette demande de concertation.La Région est prête à lancer la discussion et la Ville s’y insérera.J’ai surtout entendu que les manifestants n’exigent pas de tout changer d’un coup mais souhaitent construire le futur avec riverains, commerçants et autorités pour mieux relier les deux rives".

L’événement ici bénéficie d’une grosse adhésion. On entend cette demande de concertation.La Région est prête à lancer la discussion et la Ville s’y insérera.

Dhondt lui-même sait que le piétonnier n’a pas tout réglé: "Une voiture sur 3 qui circule dans le Pentagone est en transit. Notre plan Good Move , qu’on lancera en août pour la Ville de Bruxelles, devra apaiser ces quartiers".Sinon les pique-niques militants risquent de s’y multiplier comme les SUV.

 Des centaines de riverains et de Bruxellois venus de plus loin ont répondu à l’appel de «Picnic the Bridge»: la manifestation de ce dimanche 12 juin revendique un carrefour apaisé à la porte de Flandre, lien contrarié entre la Ville de Bruxelles et Molenbeek, scindés par le canal.
Des centaines de riverains et de Bruxellois venus de plus loin ont répondu à l’appel de «Picnic the Bridge»: la manifestation de ce dimanche 12 juin revendique un carrefour apaisé à la porte de Flandre, lien contrarié entre la Ville de Bruxelles et Molenbeek, scindés par le canal. ©ÉdA – Julien RENSONNET