L’Union européenne se réunit pour sanctionner massivement l’invasion russe de l’Ukraine

Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne se réunissent à Bruxelles jeudi à partir 20h en sommet extraordinaire, convoqué en urgence mercredi pour décider d’un deuxième paquet de sanctions "massives" contre la Russie, alors que l’invasion de l’Ukraine a entre-temps commencé.

L’Union européenne se réunit pour sanctionner massivement l’invasion russe de l’Ukraine

Mardi, un premier paquet de sanctions avait déjà réprimé la reconnaissance par le Kremlin et la Douma de l’indépendance des deux régions séparatistes pro-russes de l’est de l’Ukraine, Donesk et Lougansk, et l’annonce de l’envoi de troupes. L’UE avait imposé un gel des avoirs et une interdiction de visa aux 351 députés de la Douma et à 27 individus et entités (organismes ou entreprises). Elle avait visé des banques et le commerce des deux régions séparatistes avec l’UE. Berlin avait en outre interrompu la mise en service du gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l’Allemagne.

Ce jeudi, le paquet de sanctions, coordonné avec les partenaires transatlantiques, devrait viser, outre de nouveaux officiels du régime, la finance, l’énergie et les transports. L’exclusion de la Russie du réseau international de communications interbancaire SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication, basée en Belgique), tel que réclamé par l’Ukraine et plusieurs États membres de l’UE, sera discutée mais pourrait faire l’objet d’un troisième train de sanctions, selon des sources européennes.

Les finances et les énergies visées

Les secteurs financiers et énergétiques seront particulièrement ciblés, c’est-à-dire la capacité pour les entreprises d’État russes de se refinancer sur les marchés des capitaux, et celle des banques d’accéder aux marchés financiers de l’UE. Dans le secteur des transports, il s’agit avant tout de couper le secteur aérien russe de son approvisionnement technique. Des barrières à l’exportation des produits de haute technologie et de logiciels doivent également entraver le développement d’industries clés russes.

Le Bélarus, vassal de Moscou qui accueille des troupes russes sur son territoire mais nie toujours être impliqué dans les opérations militaires d’invasion de l’Ukraine, pourrait aussi être visé par les sanctions.

Le Conseil européen doit adopter sa position ce soir, sur base des propositions de la Commission européenne et du Service européen pour l’action extérieure, avant validation et mise en œuvre dans les 24h, un délai ultra-rapide déjà observé pour le premier paquet de sanctions. Comme toujours, les États membres devront s’accorder sur l’ampleur des mesures, même si elles ont déjà été largement validées par leurs ambassadeurs. "Certains sont plus exposés que d’autres, mais tous comprennent que l’enjeu rend les sanctions nécessaires", selon un diplomate.

Il sera aussi question du soutien à continuer d’apporter à l’Ukraine et à sa population, notamment à travers la proposition de Charles Michel d’une conférence des donateurs pour l’Ukraine. Les menaces qui pèsent sur le marché de l’énergie et celles de contre-mesures russes seront également abordées.

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