Rudi Vervoort: "Le logement est un dossier majeur à Bruxelles, l’attitude de DéFI m’a énervé"

Invité de l’émission "Il faut qu’on parle" sur DH Radio ce jeudi, Rudi Vervoort est revenu sur sa législature actuelle à Bruxelles. Il a notamment parlé du logement, un dossier majeur pour lui.

Rudi Vervoort: "Le logement est un dossier majeur à Bruxelles, l’attitude de DéFI m’a énervé"
Rudi Vervoort. ©BELGA

"Cette législature, qu’on le veuille ou non, sera marquée du sceau de la crise sanitaire. Il faudra plusieurs années pour se sortir de cette crise Covid qui aura des effets durables", lance d’entrée le ministre-président de la Région de Bruxelles-Capitale.

Dans les dossiers importants de cette législature, Rudi Vervoort indique que les plus importants sont l’emploi et le logement: "C’est ce que vivent tous les Bruxellois au quotidien".

"D’autres dossiers (N.D.L.R.: les signes convictionnels ou la neutralité notamment) sont périphériques car d’une certaine manière ils fracturent la société et les opinions", explique Vervoort. Sur les signes convictionnels, cela fait 20 ans qu’on attend que ce dossier soit réglé, rappelle Maxime Binet: "Réglons (enfin) ce débat!", répond le ministre-président.

L’offre de logement n’a jamais été capable de se mettre en adéquation avec la demande

«Le logement: un dossier majeur»

Dans cette législature, "le logement est un dossier majeur à Bruxelles". "Plus de 60% des Bruxellois sont locataires et bon nombre d’entre eux consacrent 40 à 50% de leurs revenus pour payer leur loyer et leurs charges. Des logements qui ne sont pas toujours qualitatifs. De plus, ils voient la facture d’énergie augmenter et voient leur loyer augmenter de 6 à 7%. Pour eux, 30€ d’augmentation de logement, ce n’est pas rien, c’est même beaucoup. Certains citoyens sont en problème dès le 20 du mois".

Pourtant, si ce dossier est majeur aux yeux de Vervoort, il n’y a toujours pas d’accord sur le plafonnement des loyers. Pour le PS, "l’idée était de dire qu’il était normal qu’il y ait une indexation des loyers. Mais pas de 6 à 7%. L’attitude du chef de groupe de DéFI m’a énervé. Nous voulons défendre les locataires. C’est pour cela qu’on a défendu une indexation mais qui est limitée, plafonnée à 3-4% maximum. Cela nous semblait être un bon compromis...", mais finalement, il n’y a pas eu d’accord.

«Chacun devait pouvoir opérer ses choix là où il le souhaite»

La classe moyenne, les jeunes fuient le marché immobilier bruxellois, selon Maxime Binet de DH Radio. "Je voudrais nuancer", répond Vervoort. "Cet exode-là est vrai aussi pour les classes défavorisées. Ces personnes aussi ont des difficultés à trouver un logement, ce n’est pas uniquement les classes moyennes. Ce n’est pas un modèle souhaitable. Chacun devait pouvoir opérer ses choix là où il le souhaite."

"L’offre de logement n’a jamais été capable de se mettre en adéquation avec la demande", pour le socialiste. Comment faire alors pour inverser la tendance? "Il faut que les pouvoirs publics montrent l’exemple et développent des logements accessibles là où ils ont la maîtrise du foncier. Que ce soit du locatif ou en acquisitif. On court toujours derrière la demande..."

«Avoir une vision panoramique»

"Le rôle des pouvoirs publics, c’est de développer des logements publics, des logements sociaux, sociabiliser les logements communaux. C’est faire en sorte qu’on élargit le panel. Faire en sorte qu’on ait également de la création de logement moyen ou de logement social du secteur privé".

Le Chant des Cailles de Watermael-Boitsfort et le projet de création de 70 logements sociaux est notamment un dossier chaud en ce moment.

"On devait avoir une vision panoramique des enjeux de la Région bruxelloise. Il faut s’intéresser à tous les dossiers", conclut Rudi Vervoort.