L'Union européenne et l'Union africaine en quête d'un nouveau souffle

Le sommet de ces jeudi et vendredi doit déboucher sur un nouveau partenariat. Les sujets sont nombreux. Et épineux.

L'Union européenne et l'Union africaine en quête d'un nouveau souffle
La présidente de la Commission a annoncé un plan d’investissement de 150 milliards d’euros en Afrique lors de sa visite à Macky Sall, qui préside l’Union africaine. ©AFP

Le sommet des dirigeants de l’Union européenne et de l’Union africaine jeudi et vendredi à Bruxelles doit relancer un partenariat essoufflé et menacé par les appétits de la Chine et de la Russie. L’UE a annoncé un plan d’investissements ciblés doté de 150 milliards d’euros sur sept ans, soit l’équivalent de l’aide européenne au développement pour la période. Il doit permettre de financer des projets d’infrastructures, la transition écologique, numérique avec un accès généralisé à l’internet, renforcer les systèmes de santé et créer des emplois.

Nouveaux rivaux

Mais les rivaux de l’UE ont aussi beaucoup d’argent à proposer aux dirigeants africains et sont moins exigeants pour l’attribution des prêts (gouvernance, respect des droits humains et sociaux). Cette lutte d’influence s’inscrit dans un contexte d’instabilités diverses: les coups d’État ont renversé les régimes au Mali, au Burkina Faso, au Soudan et en Guinée. Ces quatre pays ont été suspendus par l’UA et ne seront pas représentés à Bruxelles. Des conflits déchirent l’Éthiopie et la Libye. Les groupes jihadistes menacent les pays du Sahel et poussent jusqu’au golfe de Guinée.

Et les vaccins?

D’autres sujets devraient faire l’objet d’intenses discussions: la problématique migratoire, qui inclut la lutte contre le trafic d’êtres humains, qui marque également le pas. L’UE a proposé de déployer l’Agence européenne de protection des frontières (Frontex) au Sénégal pour aider à lutter contre les trafiquants.

Autre sujet qui doit être abordé: les vaccins anticovid, alors que seulement 11% de la population du continent africain est vaccinée entièrement. L’UE a donné près de 150 millions de doses de vaccins et alloué à l’Afrique 10 des 46 milliards d’euros de son soutien financier à la lutte contre la pandémie dans les pays tiers.

Mais donner des doses est insuffisant, il faut aussi produire des vaccins en Afrique. Des projets de centres de production sont prévus au Sénégal, au Rwanda, au Ghana, en Afrique du Sud avec un financement européen d’un milliard d’euros au total. Une levée des brevets, soutenue par l’UA, se heurte à un refus des Vingt-Sept.