Les retards du procès de Paris auront-ils des conséquences à Bruxelles ?

Les retards pris au procès des attentats de Paris pourraient-ils avoir une incidence sur celui de Bruxelles?

Emmanuel Huet
Les retards du procès de Paris auront-ils des conséquences à Bruxelles ?
C’est dans ce box vitré que se côtoient accusés et gendarmes. Ce box favorise-t-il la propagation du virus? ©Huet

Le procès des attentats de Paris prend du retard en raison de l’infection au Covid de plusieurs accusés. Ce fut d’abord Salah Abdeslam au début de ce mois, c’est désormais Ali El Haddad Asufi. Alors que le procès avait déjà été décalé d’une semaine, cette nouvelle contamination produira le même effet.

Conséquence, on risque de se retrouver à la mi-juin pour clôturer ce procès. En soi, ce n'est pas un problème sauf que cinq accusés du procès des attentats de Paris doivent également être jugés dans le cadre du procès des attentats de Bruxelles. Le procès ne devrait réellement débuter qu'à la mi-octobre mais un accord entre la France et la Belgique prévoit le retour des accusés pour le 1er juillet au plus tard. "On a encore un peu de marge, confirme Me Mechin, avocat d'Ali El Haddad Asufi. Mais il ne faudrait pas que ce soit encore reporté plusieurs fois." Les reports et annulations d'audience ont aussi des conséquences pour les parties civiles qui n'habitent pas forcément à Paris, qui ont prévu d'assister à des audiences bien précises et qui doivent réserver des déplacements, des hôtels…

La configuration du box des accusés à Paris favorise particulièrement la circulation du virus. Les 11 accusés comparaissant détenus (3 comparaissent libres) se retrouvent côte à côte dans une verrière. Autour d’eux, au minimum deux gendarmes par détenu. Faites le compte, il y a une trentaine de personnes rassemblées dans cet aquarium.

Pour Jonathan De Taye, l'avocat belge d'Ali El Haddad Asufi, malgré le haut niveau d'isolement des accusés, une contamination n'est pas inévitable. "Mon client est resté dans le box avec Salah juste à côté de lui. " Les contaminations sont aussi possibles en prison. " Il n'a aucun contact avec d'autres détenus. Mais il y a le gardien qui ouvre la cellule, qui l'amène à la douche. Il y a l'avocat, l'infirmier, le coiffeur… En isolement, on n'est quand même jamais totalement coupé du monde. Mais c'est sûr qu'ils n'attraperont pas le Covid en faisant du mini-foot dans le préau " puisque ce type d'activités n'est pas permis pour les accusés de ce procès.

Bruxelles a prévu un box par accusé

Le parquet fédéral belge ne se montre pas encore trop inquiet sur les retards pris à Paris. "On reste dans l'agenda prévu mais il ne faudrait pas que les cas se multiplient, explique le porte-parole. En Belgique, on a prévu des box séparés. Une des raisons: cela permet d'éviter les contaminations."

Au sein de l'organisation du procès de Bruxelles, on estime qu'il n'y a pas d'inquiétude à avoir dans l'état actuel du calendrier. "C'est une question prématurée, estime Anne Leclercq, porte-parole de la cour d'appel de Bruxelles. Nous, ce qui compte, c'est que les accusés soient présents le jour de la citation."