L’Europe va s’attaquer aux émissions de méthane

La Commission européenne compte s’attaquer, entre autres via des propositions législatives dès l’an prochain, aux quantités de méthane libérées dans l’atmosphère, a-t-elle annoncé mercredi.

L’Europe va s’attaquer aux émissions de méthane

Le méthane est un gaz à effet de serre mais aussi un polluant atmosphérique puissant, dont l’homme contribue principalement aux émissions via l’agriculture, la production de déchets et l’énergie. Dans sa «stratégie méthane», la Commission compte donc s’attaquer à ces trois secteurs.

L’exécutif européen proposera l’an prochain d’introduire une obligation de mesure et de rapport des émissions de méthane liées au secteur de l’énergie. Il veut aussi obliger les entreprises à mieux détecter et réparer les fuites dans les infrastructures de production, de transport et d’utilisation de gaz fossile.

Plus globalement, la Commission note que les mesures des émissions de méthane sont très (trop) variables d’un secteur à l’autre et d’un État à l’autre. Avoir une image plus complète et précise de la situation devrait permettre un monitoring plus efficace, constate-t-elle.

Elle va ainsi soutenir la création avec les Nations unies d’un observatoire international indépendant des émissions de méthane. Elle va aussi proposer un échange d’images satellites à l’international pour détecter les fuites d’ampleur.

Greta Thunberg appelle les dirigeants de l’UE à faire «autant que possible»

A la veille d’un sommet à Bruxelles, la militante écologiste suédoise Greta Thunberg a demandé mercredi aux dirigeants européens de «faire autant que possible» pour améliorer le nouvel objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

Dans un entretien à l’AFP, l’adolescente de 17 ans a aussi appelé le président français Emmanuel Macron à «prendre ses responsabilités» dans la lutte contre le changement climatique et de tenir sa «promesse» d’être en pointe sur le sujet.

 La jeune Suédoise a appelé à «mettre en place des budgets carbone annuels et contraignants qui s’appliquent maintenant, pas seulement en 2030 et 2050».

L’UE doit se fixer d’ici janvier un objectif de réduction de ses gaz à effet de serre pour 2030 et devra surmonter de redoutables défis pour l’appliquer, un dossier épineux au menu jeudi du sommet des Vingt-Sept.

«Rien de ce qui a été proposé ou poussé n’est en ligne avec ce que nous dit la science», a affirmé la meneuse suédoise du mouvement «Fridays for Future» dans une interview réalisée via Zoom, à laquelle participait aussi la jeune militante allemande Luisa Neubauer.

La Commission européenne a proposé mi-septembre de viser une réduction de 55% des émissions de gaz à effet de serre de l’UE en 2030 par rapport au niveau de 1990, contre un objectif actuellement fixé à -40%, afin d’atteindre la «neutralité carbone» en 2050. Le Parlement européen a réclamé une baisse d’au moins 60%.

«Nous leur demandons de faire autant que possible, de faire tout ce qu’ils peuvent», a déclaré Greta Thunberg à l’AFP, tout en refusant de suggérer un objectif car «il n’y a pas de chiffre magique ni de date magique».

La jeune Suédoise a appelé à «mettre en place des budgets carbone annuels et contraignants qui s’appliquent maintenant, pas seulement en 2030 et 2050».

Les chefs d’État et de gouvernement aborderont le sujet jeudi lors de leur réunion, également consacrée au Brexit, mais ne devraient pas trancher avant leur prochaine rencontre des 10 et 11 décembre.

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