Des travaux sur le rail bruxellois toucheraient 1 navetteur sur 4 cet automne: «Il faut moderniser cette signalisation vieille de 50 ans»

Supprimer 100 trains par jour sur la jonction? C’est la demande d’Infrabel à la SNCB. Qui se dit prise de court. Le motif: des travaux. 68.000 navetteurs pourraient en souffrir.

Des travaux sur le rail bruxellois toucheraient 1 navetteur sur 4 cet automne: «Il faut moderniser cette signalisation vieille de 50 ans»

MISE À JOUR | 30/07 - 13h15

Infrabel a demandé à la SNCB de supprimer chaque jour, de la mi-octobre à la mi-novembre, une centaine de trains qui traversent Bruxelles, rapporte L'Echo mardi en rebondissant sur une info que L'Avenir publiait déjà le 6 juillet dernier. La SNCB craint des répercussions pour 68.000 navetteurs en automne.

Le gestionnaire de l’infrastructure propose de ne pas faire rouler tous les trains circulant aux heures de pointe (les «trains P») au départ et à destination de Bruxelles. Infrabel doit moderniser cet automne les équipements au sud de la gare Bruxelles-Midi.

Ces travaux «indispensables» selon Infrabel nécessiteront la fermeture complète de la jonction Nord-Midi durant les longs week-ends des 1er et 11 novembre. Mais, au grand étonnement de la SNCB, des perturbations importantes sont attendues également du 14 octobre au 8 novembre. Infrabel doit en effet verrouiller pas moins de 30% des aiguillages avant la gare Bruxelles-Midi, ce qui réduira sensiblement le trafic sur l’axe ferroviaire le plus fréquenté du pays.

La suppression de tous les trains P bruxellois aurait des répercussions considérables, déplore la SNCB qui estime avoir été prise de court. Les trains concernés transportent en moyenne 68.000 voyageurs par jour et comptent 91 000 places assises. La mesure toucherait ainsi 1 navetteur sur 4 qui vient à Bruxelles durant les heures de pointe du matin.

«Des fuites qui inquiètent le client»

Infrabel a précisé plus tard ce mardi 30 juillet que «le but des travaux effectués n’est pas de paralyser le trafic à Bruxelles». Du fait que les consultations sont toujours en cours, il est actuellement impossible de déterminer le nombre définitif de trains supprimés, selon Infrabel. Infrabel regrette par ailleurs les «fuites» qui vont «à l’encontre de l’intérêt du client qui s’inquiète maintenant de savoir quelles seront les conséquences précises de ces travaux».

Infrabel indique avoir été pris de court par ces révélations, car les groupes de travail poursuivent encore leurs échanges concernant les travaux sur la jonction Nord-Midi. «Le travail est en cours de finalisation. Les décisions concernant l’organisation du trafic ferroviaire devraient tomber dans les prochaines semaines. Le but est de limiter un maximum l’impact sur les voyageurs», selon le gestionnaire de réseau.

«Nous regrettons donc de ne pas pouvoir apporter de réponse précise aux voyageurs à ce stade», explique Infrabel. «Environ 1200 trains circulent chaque jour sur l’axe Nord-Midi de Bruxelles très fréquenté. Cela signifie qu’il faudra trancher pour certains trains (L, IC ou P-trains). L’offre doit être adaptée à la capacité disponible».

Une signalisation «de plus de 50 ans»

Le gestionnaire de l’infrastructure pointe également que ces travaux de modernisation sont indispensables. D’une part, il est nécessaire de moderniser la signalisation sur l’axe Nord-Midi qui a plus de 50 ans, faute de quoi des problèmes de fiabilité pourraient subvenir. D’autre part, il est nécessaire de procéder à l’informatisation de la signalisation afin d’installer le système de freinage des trains ETCS, qui fait partie du plan élaboré après la catastrophe ferroviaire de Buizingen pour garantir davantage de sécurité sur le rail. «Les travaux sont considérables. Il s’agit de la digitalisation de tous les outils de gestion de trafic sur les 22 voies de la gare du Midi», pointe Infrabel.

Infrabel insiste sur le fait que le calendrier des travaux a été mûrement réfléchi. «Cette période a été choisie pour les deux longs week-ends à venir, ceux du 1er novembre et du 11 novembre. Mais aussi parce que les conditions météorologiques, comme la neige par exemple, ne poussent pas les voyageurs à prendre le train», indique encore le gestionnaire de l’infrastructure.