May et Juncker se reverront avant fin février pour tenter de débloquer l’impasse du Brexit

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et la Première ministre britannique Theresa May ont eu jeudi à Bruxelles une réunion «solide mais constructive» au terme de laquelle ils sont convenus de se revoir avant la fin février pour tenter de débloquer l’impasse du Brexit.

May et Juncker se reverront avant fin février pour tenter de débloquer l’impasse du Brexit

Le dialogue n’est donc pas rompu mais les positions des deux parties restent très éloignées.

Mme May a exposé plusieurs options visant à rencontrer les demandes des députés britanniques, qui réclament une modification légalement contraignante de l’accord de retrait concernant le «backstop», le filet de sécurité que l’UE veut préserver en dernier recours pour éviter l’érection d’une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord.

M. Juncker a répété qu’il n’était pas question de modifier l’accord de retrait, mais qu’il était possible d’ajouter des termes plus ambitieux dans le cadre de la déclaration sur la relation future, tant sur le fond que sur les délais.

Malgré les divergences, les deux dirigeants sont convenus que leurs équipes mèneraient des pourparlers pour tenter de dégager une solution qui réunirait le plus large soutien possible au Parlement britannique, tout en respectant les lignes édictées par le Conseil européen.

«La Première ministre et le Président se rencontreront à nouveau avant la fin février» pour faire le point sur ces discussions, selon un communiqué commun.

L’économie britannique «pas prête» à un Brexit sans accord

L’économie britannique «n’est pas encore prête» à un Brexit sans accord, a prévenu jeudi le gouverneur de la Banque d’Angleterre Mark Carney, insistant sur les tensions subies par les entreprises du fait des incertitudes autour de la sortie de l’UE.

«Bien que de nombreuses entreprises intensifient leurs préparatifs, l’économie britannique dans son ensemble n’est pas encore prête à une sortie sans accord et sans transition», a déclaré M. Carney lors d’une conférence de presse. Les négociations entre Londres et Bruxelles sur les modalités du Brexit sont bloquées et, théoriquement, le Royaume-Uni pourrait sortir le 29 mars du bloc continental sans accord de transition – un départ abrupt fortement redouté par les milieux d’affaires.

Dans ce contexte, la Banque d’Angleterre (BoE) a maintenu jeudi en l’état sa politique monétaire et sabré sa prévision de croissance pour 2019, justement en raison des effets négatifs des incertitudes autour du Brexit ainsi que du ralentissement économique mondial. «Le brouillard du Brexit entraîne une volatilité à court terme dans les statistiques économiques et surtout crée une série de tensions pour l’économie, pour les entreprises», a expliqué le gouverneur dont le mandat avait été prolongé jusqu’à début 2020 pour assurer de la stabilité en cette période incertaine.

M. Carney ajoute que les enquêtes menées par la BoE montrent que les entreprises craignent une baisse importante de la production, de l’investissement et de l’emploi en cas de Brexit sans accord. Le gouverneur a en outre estimé qu’un divorce sans concession augmenterait la probabilité de voir l’économie se contracter temporairement.

La Banque d’Angleterre n’a eu de cesse ces derniers mois de mettre en garde contre les conséquences du flou entourant le Brexit. Fin novembre, elle avait dévoilé un scénario particulièrement noir en cas d’absence d’accord, qui entraînerait selon elle un effondrement de la livre sterling et un choc énorme sur l’économie.