Kriket, la barre bruxelloise aux grillons, a des fourmis dans les jambes

Michiel et Anneleen Van Meervenne, frère et sœur bruxellois, lancent Kriket. Ce snack local et écolo est une barre aux noix bio qui intègre... 66 grillons. Ses jeunes fondateurs veulent séduire les Belges, qui mangent de moins en moins de viande. Et voir leur barre pulluler dans les écoles.

J. R.
Kriket, la barre bruxelloise aux grillons, a des fourmis dans les jambes
Michiel Van Meervenne a lancé Kriket avec sa sœur: chacune de leurs barres de céréales intègre... 66 grillons. En farine. ©EdA - Julien RENSONNET

«Les Gryllidés (Gryllidae) sont une famille d’insectes orthoptères du sous-ordre des ensifères, plus communément appelés “grillons”».

À la définition Wikipedia, on ajoutera que le grillon se croque désormais dans des barres aux noix 100% fabriquées à Bruxelles: les barres Kriket. L’initiative en revient à Michiel et Anneleen Van Meervenne, frère et sœur qui travaillent sur leur recette depuis plus d’un an. Pour ces jeunes Bruxellois, ce mélange de noix bios, de céréales, graines et farine de grillons est «le snack du futur». Ils estiment d’ailleurs que chaque barre Kriket embarque... 66 grillons! Et les protéines concentrées qui viennent avec.

Le produit a été lancé ce 28 septembre. 15.000 barres seront distribuées dès le début octobre, en ligne et dans des magasins partenaires. Il s’agit d’«une première absolue pour la Belgique». Ses fondateurs estiment que le grillon, comme d’autres insectes, est «la source de protéines du futur» et une réponse «à la demande de protéines alternatives qui explose en Belgique, pays d’Europe où la consommation de viande baisse le plus vite». Et de citer les chiffres du SPF Économie: -17% entre 2012 et 2016.

Les grillons de la barre Kriket viennent de chez Little Food à Laeken.
Les grillons de la barre Kriket viennent de chez Little Food à Laeken. ©EdA - Julien RENSONNET

Pour donner un ancrage local à leur barre insolite, Michiel et Anneleen travaillent avec la ferme à insectes Little Food, installée à Greenbizz, l’incubateur d’entreprises «vertes» planté à un saut de grillon de Tour & Taxis. Comme on l’a constaté lors d’une visite pour le bouclage du crowdfunding de Kriket, celle-ci ne fonctionne qu’en circulaire, avec des résidus de l’industrie alimentaire.

«Il n’y a que 5 personnes sur 100 qui n’osent pas»

Les jeunes entrepreneurs assurent aussi que le grillon, très sain, riche en minéraux et vitamines, est beaucoup plus écolo que les viandes de nos étals: «il transforme les aliments en protéines 25 fois plus efficacement que les vaches, émet 60 fois moins de gaz à effet de serre et consomme 300 fois moins d’eau».

Michiel et Anneleen ont travaillé plus d’un an sur Kriket.
Michiel et Anneleen ont travaillé plus d’un an sur Kriket. ©Kriket via Facebook

Le hic, c’est de savoir si le public bruxellois et belge va croquer dans la barre sans arrière-pensée. Pour les frère et sœur entomophages, l’aspect des insectes n’est pas un écueil au succès de leur produit. «Le seuil psychologique souvent mentionné n’est pas le principal obstacle - sur 100 personnes, il y a au plus 5 personnes qui n’osent vraiment pas», expliquent-ils après les centaines de dégustations qu’ils ont menées. Les conclusions de leurs goûteurs: «Les produits à base d’insectes sont trop chers, pas assez accessibles ou manquent de goût». D’où des recettes mises au point avec des chefs, une disponibilité dans les commerces bios de proximité, mais aussi des collaborations avec des écoles bruxelloises pour enseigner aux kids le goût pour la nourriture durable.

«Kriket sera-t-il leur nouveau Snickers un jour?» Michiel et Anneleen l’espèrent sans doute. La planète aussi.

La barre aux céréales Kriket est saine et une source de protéines beaucoup plus écolo que la viande.
La barre aux céréales Kriket est saine et une source de protéines beaucoup plus écolo que la viande. ©EdA - Julien RENSONNET