Jour de Fête au bord de la faillite: «On nous avait promis deux ans de travaux, on a eu trois ans de rien»

Le piétonnier va-t-il faire une nouvelle victime? Virginie Monu, cheffe de Jour de Fête, alerte sur sa situation. La cantine du boulevard Anspach serait au bord du précipice. Sans terrasse cet été à cause du chantier, la restauratrice dit avoir perdu 70% de son chiffre.

J. R.
Jour de Fête au bord de la faillite: «On nous avait promis deux ans de travaux, on a eu trois ans de rien»
La cantine colorée «Jour de Fête» propose une carte de plats de saison où le légume prend sa part d’assiette: mais jusqu’à quand? ©Jour de Fête / Facebook

Le resto et salle des fêtes Jour de Fête, boulevard Anspach, est au bord de la faillite. C’est un post Facebook de sa patronne, Virginie Monu, qui nous apprend cette triste nouvelle. À l’en croire, c’est une conjonction de facteurs qui pousse le sympathique établissement né en 2012 vers le précipice.

Les attentats de Paris et Bruxelles d’abord ont forcé la cheffe à repousser des payements pour verser le salaire de ses employés. D’où des amendes «élevées» alors que Virginie Monu vit avec 3€ de l’heure, soit moins que le revenu d’intégration sociale. Mais il en faut plus pour vaincre sa détermination.

Jour de Fête dispose aussi d’une salle à louer pour les petites sauteries.
Jour de Fête dispose aussi d’une salle à louer pour les petites sauteries. ©Jour de Fête / Facebook

C’est alors que survient le Piétonnier, qui a déjà eu la peau d’autres commerces du centre-ville. «Je n’étais pas seule à applaudir le projet de piétonnier», nuance encore la tenancière sur Facebook. «Mais aucun d’entre nous n’imaginait que nous devrions en assumer personnellement la mauvaise gestion... La date de la fin des travaux demeure pour nous un point d’interrogation. Or chaque mois est un nouveau combat et la motivation n’est pas un capital inépuisable!»

Cet été, le chantier a empêché la cantine du quartier Fontainas d’installer sa terrasse. D’où une perte de chiffre d’affaires de 70%. «Le coup de massue», grince la restauratrice.

Pourtant, Virginie Monu se montre de bonne volonté. Elle propose ainsi des pistes de solutions alternatives, qui lui permettraient de garder la tête hors de l’eau. Dont «un gel des dettes envers l’état, la suspension des amendes de 15% pour retard de payement ou la possibilité de contracter un prêt social». Elle pointe par ailleurs les incohérences d’un système qui aide les petits indépendants en amont d’un projet et pas lorsque les difficultés voient le jour.

Pour ne pas être coulée dans le béton que les camions déversent devant sa vitrine, Virginie en appelle désormais simplement à ses clients, fidèles ou plus récents. «Je les invite à venir déguster des antipasti au son du marteau-piqueur».

Voilà la vue que les clients de Jour de Fête peuvent s’offrir depuis plusieurs mois depuis le trottoir du petit horeca du quartier Fontainas.
Voilà la vue que les clients de Jour de Fête peuvent s’offrir depuis plusieurs mois depuis le trottoir du petit horeca du quartier Fontainas. ©Jour de Fête

Jour de fête, le resto/salle de fêtes (et quelles fiestas les gars!) est au bord de la faillite. Monu Virginie, sa...

Posted by Anne Boulord on Monday, August 27, 2018