Hide & Seek festival: de la piscine au cimetière, cache-cache musical insolite dans Bruxelles

Le Hide & Seek festival s’éloigne des autoroutes commerciales de la musique avec son affiche métissée. Mais le festival bruxellois de musiques traditionnelles oublie aussi les grosses scènes pour se planquer à l’abri de lieux insolites. On y débusque quelques lièvres.

Julien Rensonnet
Hide & Seek festival: de la piscine au cimetière, cache-cache musical insolite dans Bruxelles
Aux Bains de Bruxelles, la piscine moderniste des Marolles, le duo Akutuk a fait découvrir au public du discret mais précieux Hide & Seek Festival la technique camerounaise ancestrale de percussion sur l’eau. ©Simon Blackley / Hide & Seek Festival / Muziekpublique

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L’été parvient peu à surprendre les festivaliers éprouvés. On s’étonne de plus en plus difficilement des affiches de Werchter ou de Couleur Café. Et on s’imprègne avec peine de la «poésie» qui émane des scènes maousses des Ardentes ou du BSF, coincées entre les panneaux sans âme des annonceurs et les toilettes mobiles.

Mais quelques perles continuent discrètement à titiller la curiosité. C'est le cas du bien nommé «Hide & Seek» (littéralement «cache-cache»), à Bruxelles. Ce festival discret et insolite est organisé par l'ASBL Muziekpublique, qui prêche en deux langues (au moins) pour les musiques traditionnelles. Et casse les codes du bon vieux festoche selon trois chemins de traverse.

Affiche métissée

Forcément, l’affiche du Hide & Seek est métissée. Ce qui ne veut pas dire ringarde puisque la force de Muziekpublique est justement de transcender modernité et tradition à travers le folk, le jazz, le classique et le populaire.

On y remue donc sur les cuivres d’une fanfare klezmer (vidéo ci-dessous), on y mouille le maillot sur des percussions africaines ou on y claque du talon sur le flamenco. Et on met au défi les snobs qui ne loupent aucune critique sur Pitchfork d’énumérer leurs références en matière d’accordéon ukrainien, de flûte pifano, d’oud syrien ou de vielle à roue. Ah!

Lieux secrets

Loin des grands parcs bruxellois, des places battues par les touristes ou des salles remplies 10.000 fois par les stars du rock, Hide & Seek se cache et ne se dévoile qu’aux plus aventureux.

Sur la semaine de festival, on sautera donc d'un tram en marche (concert passé) à la champignonnière de Cureghem (toujours disponible), on plongera de la piscine des Bains de Bruxelles (concert passé, vidéo ci-dessous) au centre pour réfugiés du Petit Château (sold-out), on prendra sa battue dans un colossal gymnase (toujours disponible) pour se réceptionner dans les galeries funéraires du cimetière de Laeken (toujours disponible), on marchera à pas feutrés de la Villa Empain à la Maison Pelgrims (tous deux sold-out), on prendra de la hauteur sur les tours pour toiser tout Bruxelles (sold-out).

On salue là l’effort de Muziekpublique pour qui Hide & Seek ressemble sans doute aussi à un enfer logistique. Chapeau!

Concerts à pas d’heure

Si une scène lambada dans un champ lambda au milieu d’un été lambda ne demande pas beaucoup d’explication à part celle de ne pas taper sur les nerfs des voisins, le Hide & Seek, lui, augmente autant votre culture que les décibels. Ainsi, ses concerts sont programmés à toutes les heures du jour et de la nuit pour satisfaire tous les âges et répondre à toutes les questions.

Le concert à l'atelier de moulage du Cinquantenaire (concert toujours disponible) s'assortit donc d'une visite guidée du lieu, comme celui au cimetière de Laeken (concert toujours disponible). D'où leur programmation à 14h. On peut aussi mélanger les origines, les publics et les histoires parfois dramatiques, comme c'est le cas au Petit Château où les réfugiés sont invités (sold-out). Enfin, le timing s'accorde avec les éléments comme quand on vous convie à 6h30 du matin (oui oui!) sur le toit du WTC pour voir le soleil se lever au son du sitar indien (sold-out). Beau!

En pratique

Hide & Seek festival: de la piscine au cimetière, cache-cache musical insolite dans Bruxelles
©Hide & Seek

+ «Hide & Seek Festival», jusqu'au 27 août partout dans Bruxelles

+ Le «Hide & Seek» sur Facebook

+ De nombreux concerts sont sold-out mais il reste des places pour: Valentin Clastrier & Steven Kamperman (vielle à roue et clarinette) à la champignonnière du Champignon de Bruxelles à Cureghem (mercredi 23/08, 20h); Mariana Sadovska(Ukraine, accordéon) à l'atelier de moulage du Cinquantenaire (jeudi 24/08, 20h); André Minvielle / Anne Niepold trio (jazz) au gymnase de l'athénée Fernand Blum (samedi 26/08, 20h); Pete Morton (folk britannique) au cimetière de Laeken (dimanche 27/08, 20h). Chaque concert coûte 14€. N'oubliez pas de réserver.