Le cadeau de fin d’année polémique de Brussels Airlines

Provocation pour faire le buzz ou erreur innocente? En tout cas pas de doute, le cadeau que Brussels Airlines offre à ses clients potentiels fera polémique.

Le cadeau de fin d’année polémique de Brussels Airlines

La compagnie Brussels Airlines s’est unie à Uber, multinationale de co-riding pour proposer à ses clients potentiels un cadeau de fin d’année à un ami assorti d’une course gratuite Uber d’une valeur de 15 euros pour se rendre à l’aéroport ou à l’hôtel.

Pour ceux qui l’ignorent, Uber se présente comme une société assurant un service de co-voiturage,. Depuis son arrivée sur le marché bruxellois, Uber, dont Google est actionnaire, s’est même attiré les foudres des sociétés de taxis et de la Région bruxelloise.

La ministre bruxelloise des Transports de l'époque, Brigitte Grouwels, avait mis la société en demeure de cesser ses activités, en vain.

Uber illégal

En Région bruxelloise, l’inspection régionale a repris ses opérations de contrôle suspendues par le gouvernement régional sortant, en fin de législature. En octobre, ces opérations ont donné lieu à six P-V et à quatre saisies de véhicules.

Interrogé en commission de l’Infrastructure du parlement bruxellois il y a une semaine, le ministre de la mobilité Pascal Smet avait affirmé qu’en l’état actuel de la réglementation, «le ‘ride-sharing’ tel que pratiqué par la multinationale Uber est illégal».

Sous le titre «Uber et Brussels Airlines ensemble pour un cadeau inoubliable», le site de Brussels Airlines propose néanmoins à son client potentiel d’offrir un «b.gift Brussels Airlines» à leur partenaire, ami ou connaissance qui pourra bénéficier d’un vol aller-retour vers l’une des 32 destinations européennes sélectionnées.

«Cerise sur le gâteau, le b.gift inclut une course gratuite avec Uber à hauteur de 15 euros pour se rendre à l’aéroport ou à l’hôtel. Simple comme bonjour, n’est-ce pas? «, lit-on sur le site web de la compagnie.

Le secteur des taxis mécontent

Le secteur des taxis condamne cette action promotionnelle de Brussels Airlines. Le secrétaire général du Groupement nationale des entreprises de voitures de taxis et de location avec chauffeur (GTL-Taxi) Pierre Steenberghen, a annoncé qu'il demanderait au ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts, de se pencher sur le dossier mercredi. "Nous préférons ne pas faire grève", explique le secrétaire général. "Ce serait contre-productif, d'autant plus qu'Uber lance une nouvelle offre promotionnelle."

Pour Pierre Steenberghen, le fonctionnement d'Uber consiste en du travail au noir. "Et si cela continue, de plus en plus de chauffeurs risquent de passer par la société puisqu'au lieu de payer des taxes, ils leur suffit de verser 20% de leurs revenus à Uber."

Michaël Zylberberg, président de l'asbl Brussels Unified Taxi (BUT), le principal groupement de taximen bruxellois, condamne lui aussi l'action promotionnelle qu'il considère comme "une démarche expansionniste" entamée par Uber en-dehors de la capitale, et la confirmation d'une "manière honteuse de contourner les jugements rendus en Europe et aux USA".

Une grande partie des voyageurs se rendant vers ou atterrissant à Brussels Airport emprunte des taxis flamands, les taxis bruxellois ne pouvant y charger des clients qu'en cas de commande préalable. Toutefois, les taximen de toutes les régions ne peuvent que pâtir de la publicité qu'offre cette action conjointe Brussels Airlines-Uber à la société de transport partagé, estime le président de BUT.

"Il s'agit clairement d'une démarche commerciale", déplore Michaël Zylberberg. "Dans les médias, sur les réseaux sociaux, on fait souvent de la publicité pour les services d'Uber en parlant d''économie partagée', mais sans forcément savoir ce que ça représente dans la réalité. Ce terme est bien beau, mais il s'agit bien d'un service mercantile". Interrogé en commission de l'Infrastructure du parlement bruxellois il y a une semaine, le ministre de la mobilité Pascal Smet avait affirmé qu'en l'état actuel de la réglementation, "le 'ride-sharing' tel que pratiqué par la multinationale Uber est illégal".

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