"Le chantier des gosses" dans les Marolles des années 50.

C’est un film ressuscité. Calfeutrée plus de trente années dans les cartons, ignorée des grands écrans, la bobine du « Chantier des gosses » est aujourd’hui restaurée et projetée au Nova. Avec près d'un demi siècle de retard, Jean Harlez peut enfin montrer son film, images d’un Bruxelles passé et résistant, trop « populeux » pour être considéré à l'aube des Golden Sixities.

Cé. R.
"Le chantier des gosses" dans les Marolles des années 50.
chantier des gosses ©Nova.ba

Le pitch a des airs d’une «guerre des boutons » où joueraient Quick et Flupck et tous les kets des Marolles : au pied du Palais de Justice, un terrain vague dessiné par le cratère d’une bombe de la dernière guerre est envahi par les enfants du quartier. Jusqu’au jour où les entrepreneurs et architectes déboulent eux-aussi avec la ferme intention de construire un grand siège administratif grouillant de bureaux sur le terrain de jeu. C’est la guerre qui commence ; des enfants qui se défendent, espiègles et l’imagination débordante : ils pendent un chat par la queue, décapitent des poules, transforment des bretelles en catapultes et pissent sur les agents de quartier. Le décor ranime l’atmosphère pesante et contrastée de l’après-guerre, les ruelles miséreuses et maisons pitoyables des Marolles à deux pas de la luxuriance des années 60 annoncée par l’Expo 58.