Carl et les Hommes-Boîtes: «Je vois de la beauté dans les trucs salaces»

Le Bruxellois Carl sort de ses cartons un album de chansons un peu salace, grouillant de vie et de sueur. Dans son dos, ses Hommes-Boîtes assurent aux guitares et machines. Carl et les Hommes-Boîtent dessinent sur "La Paroi de ton Ventre" un portrait protéiforme de la ville, ses habitants et leurs mauvaises humeurs.

Julien Rensonnet

Il dessine les arbres. Les vieux. Les tripes. Il met en musique l'angoisse de l'entretien d'embauche. La litanie de la promenade au parc. Ou le vague à l'âme de la plaine de jeu. Dans un français haché, il braque le regard sur la ville, sur ses habitants boitillant, sur nous. Avec nos angoisses minables, un peu sales. Et il grattouille nos humeurs, au propre comme au figuré, nos haleines de café et nos aisselles en sueur. Lui ne se mouille pas: il observe, planqué dans sa boîte, au milieu de nos poubelles. Carl est une fenêtre sur notre monde.

Alors que sort "La Paroi de ton Ventre", disque-monde expressionniste et fête des voisins improvisée, on confronte le naturaliste bruxellois aux gargouillis grouillants qui transpirent de ce deuxième album protéiforme, humide et crûment poétique.