Du quai aux briques à la « Tour des Riches »

Le canal de Bruxelles a été creusé au XVIe siècle. Sa fonction a toujours été le transport de marchandises. «Malines tendait un câble sur la Senne pour obliger les bateliers à payer une taxe, raconte Alain Lodens, guide touristique. Charles Quint autorise le canal et, en 1561, la voie d’eau mesure 28 km. Elle se jette dans le Rupel à Kleine-Willebroek, d’où son nom premier : canal de Willebroek.» Depuis 1997, on parle du canal maritime Bruxelles-Escaut. Briques, laine, céréales, houille, béton, métaux, pétrole… Dès la Renaissance, la voie est davantage naviguée par des automoteurs de grand gabarit que par les rameurs des clubs d’aviron. Bruxelles est d’ailleurs le deuxième port intérieur de Belgique après Liège. Et son histoire portuaire est marquée de quatre époques. «Au XIIe , le port est sur la Senne à hauteur de l’actuel Parking 58. Puis prolonge le canal de Willebroek jusqu’au bassin Sainte-Catherine. Du XVIIIe à l’apogée du milieu du XIXe , les bassins se multiplient». Les matériaux transportés, briques, foin, pierres de taille ou bois à brûler pour les fours des boulangers, subsistent dans les noms des rues. «Enfin, le port est déplacé extra-muros, vers le site de Tour & Taxis ».

J. R.

En 2012, le canal est la cible des promoteurs. La gentryfication est en cours, d'Anderlecht à Tour & Taxis via Molenbeek. «Un parc va être construit à la place des grossistes en construction. La brasserie Bellevue sera un hôtel. On prévoit le centre commercial Just Under the Sky près du pont Van Praet. Et Atenor élève la tour Upsite, plus haute que la tour Belgacom ». Une véritable «tour des riches» avec vue sur tout Bruxelles…