Coronavirus: accusé de jet de pavé sur voiture de police, il est acquitté

Si «l’attitude empreinte de désinvolture» d’un jeune bruxellois verbalisé à plusieurs reprises en rue durant le confinement «a pu agacer», «il n’y a pas matière à le condamner». C’est ce que conclut le tribunal concernant un jeune de 18 ans, acquitté aussi d’un jet de pavé sur une voiture de police durant les émeutes d’Anderlecht.

Coronavirus: accusé de jet de pavé sur voiture de police, il est acquitté

Le jeune de 18 ans poursuivi pour avoir jeté un pavé sur un véhicule de police lors des émeutes à Anderlecht le 11 avril dernier, ainsi que pour avoir enfreint à six reprises les mesures de confinement édictées pour ralentir la propagation du Covid-19, a été acquitté vendredi, selon des informations du tribunal correctionnel de Bruxelles communiquées lundi.

Le procureur avait requis, le vendredi 8 mai, une peine de deux ans de prison à l’encontre de l’intéressé.

Le jeune contestait avoir jeté un pavé dans la portière arrière d’un véhicule de police lors des émeutes qui ont eu lieu à Anderlecht le 11 avril. Des images filmées de la scène avaient été versées au dossier. Le tribunal a estimé que la certitude que le prévenu et l’individu filmé en train de jeter un pavé soit la même personne ne pouvait pas être établie. Il a remarqué que la correspondance partielle, basée sur une tenue vestimentaire banale (une doudoune noire et une capuche), était insuffisante. À cela s’ajoute la vraisemblance de l’explication donnée par l’accusé, à savoir qu’il avait pris la fuite pour éviter un nouveau contrôle en matière de confinement.

Quant aux nombreux procès-verbaux à son encontre notifiant sa présence en rue à Molenbeek-Saint-Jean et à Bruxelles, le jeune, qui est domicilié à Koekelberg, n’avait pas contesté avoir fait de nombreuses balades sur la voie publique. Le tribunal a estimé que si son attitude empreinte de désinvolture a pu agacer, il n’y avait pas matière à le condamner pour autant. Le juge a ajouté que se promener était en effet autorisé dans une certaine mesure, et s’arrêter un moment pour saluer des personnes sur son trajet ne pouvait donc pas être condamnable tant qu’il n’y avait pas de rassemblement.

Ce jugement a été prononcé dans le cadre des procédures accélérées mises en place en lien avec la pandémie.

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