Meurtre du Decathlon d’Anderlecht: des attitudes interpellantes avec d’autres jeunes filles

La cour d’assises de Bruxelles-Capitale, délocalisée en Brabant wallon, a bouclé lundi soir l’audition de l’ensemble des témoins dans le dossier du meurtre du Décathlon d’Anderlecht.

Meurtre du Decathlon d’Anderlecht: des attitudes interpellantes avec d’autres jeunes filles

Les jurés ont notamment entendu plusieurs anciennes petites amies de G., l’accusé, qui était mineur en juin 2016 lorsqu’il a violé, frappé puis étranglé Thaynara, âgée de 17 ans et demi, sur le site du magasin Décathlon d’Anderlecht. Plusieurs jeunes filles ont rapporté des comportements menaçants, voire violents adoptés par le prévenu, et une tentative d’abus sur une adolescente qui dormait.

Sa première petite amie, aujourd’hui âgée de 20 ans et qui ne veut plus entendre parler de l’accusé, a expliqué que les disputes étaient fréquentes entre eux. Il est arrivé que l’accusé l’empêche de sortir de chez lui lorsqu’elle voulait partir, et qu’il la frappe – à deux reprises – lorsqu’elle tentait de lui tenir tête. Un autre jour, lors d’une discussion animée avec elle, il a frappé du poing dans un mur au point de briser la cloison et de faire un trou.

Une autre ancienne petite amie de G. n’avait d’abord pas de souvenir précis de comportements brutaux mais elle s’est rappelée, à la suite des questions du président de la cour, que l’accusé avait un jour menacé de brûler ses affaires personnelles parce qu’elle n’était pas venue le voir. Il avait également menacé de diffuser des photos d’elle qui risquaient de ne pas lui plaire.

Alors qu’une amie avec qui il n’avait pas de relation affective voulait vendre son GSM, G. lui avait demandé quelques jours pour essayer l’appareil. Mais il n’a ensuite plus donné de nouvelles et la victime a déposé plainte à la police. L’accusé avait revendu le téléphone à l’insu de la propriétaire et n’a jamais indemnisé la jeune fille.

Une amie de Thaynara a également apporté un témoignage troublant. Alors qu’elle participait à une soirée avec son frère et deux autres garçons – dont l’accusé, elle s’est sentie mal et s’est allongée. Lorsqu’elle s’est réveillée, les autres garçons dormaient mais l’accusé, lui, se trouvait à côté d’elle. Il avait profité de son sommeil pour ouvrir son pantalon et tentait de la toucher au niveau du sexe. Elle l’a repoussé à trois reprises pour qu’il arrête, et elle a appelé une amie pour qu’elle vienne la chercher. Thaynara avait eu connaissance de ces faits, et les avait dénoncé à la petite amie de G. ce qui avait créé un conflit entre eux. D’après cette jeune fille qui a témoigné lundi, Thayanara «détestait» l’accusé: comme d’autres proches de la victime, elle est dès lors très surprise qu’ils se soient retrouvés seuls la nuit du drame.

Mardi, la cour entendra les plaidoiries et les réquisitions sur la culpabilité. La défense a confirmé lundi soir qu’elle ne contesterait pas les préventions d’homicide volontaire et de viol. Il n’est dès lors pas impossible que les jurés délibèrent déjà sur le volet «culpabilité» du dossier mardi en fin d’après-midi.

Le mystère s'épaissit autour de la bouteille de vodka

Nous avons déjà évoqué les interrogations des proches de Thaynara et des enquêteurs à propos d'une bouteille de vodka dont l'accusé, après avoir pas mal varié, a indiqué qu'elle avait été bue par la victime dans les heures qui ont précédé le crime.

elon sa dernière version, il avait pris cette bouteille chez son oncle, à Anderlecht. Une bouteille dont l'analyse aurait pu montrer si elle contenait où non des médicaments, des traces de certaines substances spécifiques ayant été retrouvées dans le sang de Thaynara alors que l'adolescente ne suivait aucun traitement de ce type. Mais la bouteille en question n'a jamais été retrouvée.

La compagne de l'oncle de G., entendue lundi, a confirmé qu'un traitement incluant le médicament dont les traces ont été retrouvées dans le sang de la victime avait été prescrit à l'accusé pour soigner une dépression. Mais elle a garanti qu'il n'y avait aucune bouteille de vodka chez elle le jour des faits: « Impossible: je déteste ça et mon homme ne boit pas. »

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