Procès des attentats de Bruxelles : les pompiers avaient dressé un bilan de 141 blessés à Zaventem et de 154 à Maelbeek

Le bilan dressé à la fin des opérations de secours le 22 mars 2016 faisait état de 141 blessés à l’aéroport de Zaventem et de 154 blessés à la station de métro Maelbeek, selon le témoignage ce vendredi 6 janvier 2023 du major Nicolas Jalet.

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Les sept accusés détenus présents au début de l'audience du procès des attentats
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Le major Nicolas Jalet a brièvement abordé, ce vendredi matin devant la cour d’assises de Bruxelles, l’intervention des pompiers bruxellois après les explosions à l’aéroport de Zaventem le 22 mars 2016, avant de concentrer son exposé sur l’intervention des secouristes après l’explosion dans la station de métro Maelbeek, qu’il a lui-même commandée. L’officier a tenu à préciser que les pompiers de Bruxelles étaient intervenus en grand nombre à Zaventem, en soutien de leurs collègues de la zone de secours du Brabant flamand Ouest.

Le témoin a indiqué que le bilan dressé à la fin des opérations de secours le 22 mars faisait état de 141 blessés à l’aéroport de Zaventem et de 154 blessés à la station de métro Maelbeek. Par ailleurs, 16 personnes ont perdu la vie à Zaventem et 16 autres à Maelbeek.

+ Les victimes souffraient de traumatismes crâniens et abdominaux mais aussi de brûlures

Le major Jalet a également souligné le “bilan non négligeable” des moyens engagés ce jour-là par les pompiers de Bruxelles, soit “plus de deux tiers du personnel de garde” déployés.

Le major a dressé un bilan de l’intervention des pompiers qui, en une trentaine de minutes, ont pu clôturer le sauvetage de toutes les personnes ayant survécu à l’explosion dans la rame de métro. Parmi les facteurs de “succès”, il a salué la coordination entre les services médicaux et les pompiers, qui a permis de faciliter la circulation des informations et la mise en place d’actions concrètes. La météo clémente a aussi permis de placer des blessés sur le trottoir tout en évitant le risque d’hypothermie.

La typographie du site a, elle, été décrite comme un facteur de chance et de malchance. De nombreuses victimes encore mobiles ont pu s’extraire elles-mêmes de la station et atteindre la rue de la Loi. “Une sorte de pré-tri s’est effectué.” Cependant, les pompiers sont arrivés sur les lieux du côté de la chaussée d’Etterbeek, point d’accès le plus rapide pour eux, ce qui les a empêchés d’obtenir une vision globale immédiate du nombre de blessés.

Les opérations de sauvetage par les pompiers de Bruxelles se sont terminées à 09h43, laissant ensuite la place aux services de déminage qui ont dû inspecter plusieurs colis suspects. Une fois le site déclaré sûr, les pompiers ont procédé à une ultime vérification, pour s’assurer qu’il ne restait aucun blessé. Entre midi et 13h00, “nous levons le camp progressivement”.

”On peut préparer, anticiper. Mais on fait face à une situation éprouvante, pénible psychologiquement, qui renvoie à ce que nous sommes profondément. Aurions-nous pu faire mieux ? Sauver plus de victimes ? Ces questions resteront pour toujours (dans la tête de) tous les collaborateurs qui ont dû faire face aux éléments ce jour-là”, a témoigné Nicolas Jalet.


Les pompiers de Bruxelles sont arrivés à Maelbeek moins de 15 minutes après l’explosion

”Nous apprenons, par notre haut-parleur, qu’il y a une explosion à la station de métro Maelbeek. Je prends alors la coordination d’une seconde colonne de secours”, a relaté le major Nicolas Jalet des pompiers de Bruxelles, ce vendredi matin, devant la cour d’assises de Bruxelles qui juge le dossier des attentats du 22 mars 2016. Après avoir envoyé une partie de leurs effectifs à l’aéroport de Zaventem peu après 08h00 le 22 mars, où deux explosions ont eu lieu à l’aéroport, les pompiers de Bruxelles sont donc intervenus, dès 09h20 environ, à Maelbeek.

Le major Jalet et ses équipes ont foncé vers la station de métro avec deux auto-échelles et trois ambulances. Très vite, ils ont été confrontés à une première difficulté : la saturation des communications radio, en raison des attentats survenus à Zaventem. “On se met alors en communication sur un canal radio de chantier”, a expliqué l’officier. “Malheureusement, ces communications n’ont pas pu être enregistrées.”

”Nous nous sommes fixé un point de rendez-vous rue Joseph II et chaussée d’Etterbeek pour l’envoi d’ambulances”, a-t-il poursuivi.

Un poste médical avancé a été installé chaussée d’Etterbeek, avec un inconvénient. “Nous n’avons pas eu de visuel sur les blessés, encore mobiles, qui étaient sortis de la station du côté de la rue de la Loi. L’avantage est qu’un pré-tri s’est effectué sur le trottoir rue de la Loi.”

La première mission des pompiers a été d’extraire les victimes de la rame de métro sinistrée, ensuite trier et évacuer les blessés puis faire appel au service de déminage et évacuer totalement la station. “Une odeur âcre planait et un silence absolu”, a décrit le major Jalet.

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