Procès des attentats de Bruxelles : Ali El Haddad Asufi affirme avoir pu refuser la génuflexion, pas les autres accusés

L’accusé Ali El Haddad Asufi a expliqué ce vendredi 6 janvier 2023, devant la cour d’assises de Bruxelles qui juge des attentats du 22 mars 2016, avoir pu refuser les génuflexions lors de sa fouille à nu avant son transfert depuis la prison de Haren vers le Justitia.

Belga
<p>Ali El Haddad Asufi escorté par un policier dans la salle d'audience de la cour d'assises de Bruxelles, le 6 décembre 2022, lors du procès des attentats de Bruxelles en 2016</p>
<p>Ali El Haddad Asufi, ici escorté par un policier dans la salle d'audience de la cour d'assises de Bruxelles, le 6 décembre dernier, lors du procès des attentats de Bruxelles en 2016</p> ©BELGA/AFP

Des propos qui ont étonné les autres accusés détenus présents dans le box, qui ont témoigné ne pas avoir pu refuser cet élément de procédure.

À l’issue des témoignages matinaux, Me De Block, conseil de l’accusé Ali El Haddad Asufi, a pris la parole pour expliquer que son client avait pu, lors de sa fouille corporelle quotidienne, refuser de se mettre à genoux. L’accusé a ensuite raconté que les policiers en charge de son transfert ne l’avaient pas forcé aux génuflexions.

Ces propos ont étonné d’autres avocats de la défense et accusés détenus, qui ont demandé à prendre la parole. Sofien Ayari et son avocate ont ainsi expliqué que la possibilité de refuser ces fouilles, qui font l’objet de débats depuis l’entame du procès, ne lui avait pas été offerte. Un policier supplémentaire était en outre présent, selon leurs dires.

Pour une fois présents lors de l’audience, plusieurs accusés détenus se sont exprimés. “C’est quand même incroyable qu’on ne respecte pas un jugement”, s’est ainsi insurgé Mohamed Abrini, faisant référence à l’ordonnance du tribunal civil de Bruxelles siégeant en référé interdisant les fouilles à nu systématiques et non motivées par un danger précis. “Nul n’est plus sourd que celui qui ne veut pas entendre”, a-t-il lancé, dénonçant des “mensonges” dans les motivations justifiant sa fouille.

Bilal El Makhoukhi et Hervé Bayingana Muhirwa ont également attesté devant la cour avoir dû se soumettre aux fouilles à nu avec génuflexion.

La présidente de la cour d’assises a fait acter ces différents propos et a une nouvelle fois insisté pour que le procès puisse se dérouler sereinement. “On pourrait sortir de cette situation si ces mises à nu avec génuflexion pouvaient être faites de manière exceptionnelle”, a-t-elle glissé, évoquant l’idée qu’une “'réunion” entre les parties concernées “pourrait débloquer la situation”.

Autre règle de sécurité qui a suscité le débat en fin de matinée : l’octroi de “crayon ou bic mou” à Mohamed Abrini pour lui permettre de prendre des notes lors de l’audience. Selon son avocate, la police lui a demandé de fournir à son client un tel ustensile pour lui permettre de noter, ce dont elle ne disposait pas. La présidente de la cour a assuré que l’accusé avait bien le droit de prendre des notes et a requis que la police communique au greffe les crayons adaptés pour qu’il puisse en commander pour tous les accusés détenus.

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