La poursuite du procès des attentats de Bruxelles menacée? Plusieurs avocats annoncent qu’ils ne pourront peut-être plus représenter leurs clients

Au procès des attentats du 22 mars 2016, plusieurs avocats de la défense ont annoncé, ce mardi 3 janvier 2022, qu’ils risquent de ne plus avoir de mandat pour représenter leurs clients. Or, si un accusé n’est ni présent ni représenté, le procès ne peut se poursuivre.

Belga
<p>Mohamed Abrini, assis dans le box vitré des accusés, parle à son avocate, lors du procès des attentats jihadistes de 2016, le 5 décembre 2022 à la cour d'assises de Bruxelles</p>
<p>Mohamed Abrini, assis dans le box vitré des accusés, parle à son avocate, lors du procès des attentats djihadistes de 2016, le 5 décembre 2022 à la cour d'assises de Bruxelles</p> ©POOL/AFP/Archives

Plusieurs avocats de la défense ont annoncé, ce mardi, au procès des attentats du 22 mars 2016 devant la cour d’assises de Bruxelles, qu’ils risquent de ne plus avoir de mandat pour représenter leurs clients. Certains accusés détenus ne souhaitent pas comparaître à leur procès tant que l’ordonnance sur leurs conditions de transfert ne sera pas respectée. Or, si un accusé n’est ni présent ni représenté, le procès ne peut se poursuivre.

L’avocate de Mohamed Abrini, Me Laura Pinilla, a annoncé qu’il est probable qu’elle n’ait plus de mandat pour représenter son client au procès. Ce dernier est présent à l’audience ce mardi matin mais ne souhaite pas y rester, a déclaré son avocate. Également, Me Jonathan De Taye, conseil d’Ali El Haddad Asufi, a affirmé qu’il n’acceptera pas de représenter son client, qui n’est pas présent à l’audience mardi matin, si la décision du juge des référés n’est pas respectée.

Trois accusés, Salah Abdeslam, Bilal El Makhoukhi et Ali El Haddad Asufi, ont refusé de comparaître mardi matin, dénonçant des conditions de transfert dégradantes. Celles-ci n’ont pas changé, selon leurs avocats, bien que le juge des référés ait ordonné à l’État belge de cesser les fouilles à nu systématiques des accusés détenus.


"Ce n'est pas un caprice, on ne peut pas subir ça pendant 9 mois", affirme Sofien Ayari

L'un des accusés détenus du procès des attentats à Bruxelles, Sofien Ayari, a tenu à prendre la parole ce mardi, alors que les avocats de la défense dénonçaient d'une même voix le non-respect de l'ordonnance en référé interdisant les fouilles a nu systématiques sur les accusés. "Il y a beaucoup de choses que je n'aime pas en prison, mais je suis en prison, c'est comme ça", a commencé Sofien Ayari.

"Mais ce genre de traitement pendant neuf mois c'est pas possible. Moi je suis venu car je pensais que j'avais mal compris la nouvelle procédure, mais maintenant j'entends qu'on parle de justification pour les fouilles. Moi, tous les policiers m'ont dit, quand ils m'ont fouillé, 'c'est la nouvelle procédure' et ils m'ont dit 'c'est tous les jours la fouille a nu.'"

"Ce n'est pas un caprice, on ne peut pas subir ça pendant 9 mois. Si cela continue, il sera impossible de se présenter au procès et de répondre aux questions", a-t-il martelé. "Je comprends les parties civiles qui ont perdu des proches et qui veulent que ça se poursuive, et nous on passe pour des capricieux." "Quand on parle des personnes qui ne veulent pas que le procès se tienne, il ne faut pas nous montrer du doigt", a encore affirmé l'accusé. "Qu'est-ce que j'aurai à y gagner moi ? J'ai pris 50 ans ! Je veux pouvoir répondre aux questions des parties civiles car je considère que c'est du respect."

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