Chahut au conseil communal de Schaerbeek à propos de Good Move et du réaménagement de l'avenue Princesse Elisabeth

Une citoyenne a demandé aux élus la remise à zéro du plan de mobilité et du plan de stationnement, ainsi que des sanctions à l'encontre des échevins concernés et de la bourgmestre faisant fonction.

Belga
Une manifestation contre le plan de circulation a eu lieu mercredi soir.
Une manifestation contre le plan de circulation a eu lieu mercredi soir. ©Comité Non au plan Good Move

Le conseil communal de Schaerbeek a connu mercredi soir une première partie de séance à rallonge autour de deux interpellations citoyennes liées à la mobilité. L'une d'entre elles était directement liée au plan Good Move dans le quartier Stephenson-Cage aux ours et l'autre au réaménagement projeté par la Région bruxelloise à l'avenue Princesse Elisabeth.

La première émanait d'une citoyenne dénommée Ayat Elkholi, soutenue par une centaine de personnes qui avaient pris place sur les bancs du public, sans compter ceux qui attendaient à l'extérieur.

LIRE AUSSI | Les coulisses de la suspension du plan Good Move à Schaerbeek : "le but, c’était de montrer des signes d’apaisement"

Mme Elkholi a notamment dénoncé "des pratiques insidieuses de la Liste du Bourgmestre et l'alliance Ecolo/Groen qui ont désormais coutume d'appliquer, une stratégie consistant à proposer des mesures dogmatiques les plus extrêmes" dans la conception du plan Good Move et du plan de stationnement.

Elle a également reproché au collège de "travestir les concepts de participation citoyenne, d'enquête publique et de transparence", de "mépriser le citoyen", de commettre des "irrégularités colossales dans les enquêtes publiques", ou encore de tenir des moments de dialogue seulement sous la forme de "rarissimes séances d'information", et de "piétiner le droit et les promesses" pour ne citer que ces qualifications.

Elle a par ailleurs réclamé la remise à zéro des initiatives relatives au plan de mobilité et du plan de stationnement, ainsi que des sanctions à l'encontre des échevins concernés et de la bourgmestre faisant fonction.

Un membre du MR de Schaerbeek pose avec un panneau arraché dans les manifs contre Good Move: le MR empêtré dans une nouvelle polémique avec une rue cyclable

"Perte de confiance dans les élus que traduit l'interpellation citoyenne"

Constamment interrompue bruyamment depuis les bancs du public venu réclamer davantage de dialogue aux autorités communales, la bourgmestre faisant fonction Cécile Jodogne (Défi) a regretté la "perte de confiance dans les élus que traduit l'interpellation citoyenne".

"Schaerbeek a travaillé depuis près de 30 ans au respect des individus et des idées même quand elles sont contraires aux nôtres", a-t-elle dit, ajoutant que nombreux sont celles et ceux qui se réjouissent du changement auquel on assiste à Schaerbeek.

Disant ne pouvoir que réfuter les arguments de l'interpellation, elle a indiqué que le collège reviendrait d'ici la fin de l'année avec les éléments constitutifs du processus participatif qui sera mis en place durant les premiers mois de 2023 autour du plan Good Move suspendu dans le quartier Stephenson.

«C’est du vandalisme, on ne peut tolérer ce qui s’est passé à Schaerbeek»: Elke Van den Brandt réagit aux manifs anti-Good Move

Insistant sur la volonté de pouvoir continuer à dialogue même lorsque l'on est en désaccord, l'échevine de la Mobilité, Adelheid Byttebier (Ecolo/Groen), elle aussi constamment interrompue, a contesté les accusations de gentrification des quartiers populaires de la commune "Cela veut-il dire qu'il ne faut plus faire d'investissements dans des quartiers qui sont à rénover ?", a-t-elle demandé.

Les représentants des groupes de l'opposition se sont coulés dans le moule des opposants. "Il a fallu que vous descendiez dans le quartier pour que le collège fasse marche arrière" a dit Angelina Chan (MR). "Participez et continuez à la faire de cette manière-là", a embrayé Ibrahim Donmez (PS). "Cette majorité ne sera parvenue qu'à polariser un peu plus les Schaerbeekois", selon Cédric Mahieu (Les Engagés). "On regrette que la majorité n'ait pas voulu entendre les besoins des gens", a ajouté Leila Lahssaini (PTB).

ÉDITO | Good Move: et ceux qui ne crient pas fort ?ANALYSE | À Bruxelles, le plan Good Move n’avance plus
Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...