Les parents de Natacha, la Belge disparue au Pérou: «Il se peut qu’elle soit toujours en vie, séquestrée quelque part»

Près de quatre mois après la disparition de la jeune Bruxelloise Natacha de Crombrugghe au Pérou, ses parents lancent un nouvel appel.

La Rédaction de L'Avenir
 Les parents de Natacha se sont rendus à deux reprises au Pérou, mais les recherches pour retrouver leur fille restent vaines.
Les parents de Natacha se sont rendus à deux reprises au Pérou, mais les recherches pour retrouver leur fille restent vaines. ©D.R.

Sabine et Eric de Crombrugghe ont publié un communiqué pour revenir sur l’enquête ouverte après la disparition de leur fille, Natacha.La jeune femme de 28 ans n’a plus donné signe de vie depuis le 24 janvier 2022 alors qu’elle effectuait un trek au Pérou.

"Dès l’annonce de sa disparition le 3 février, de nombreux guides volontaires se sont rendus sur place pour rechercher Natacha dans le Canyon. Ils ont été rejoints par des équipes de policiers et secouristes de haute montagne (...) En tout, plus de 70 personnes ont fouillé plus de 495 km. Mais, ceux-ci ne connaissent pas le Canyon et n’ont pas collaboré avec les volontaires qui connaissent la zone. Après un mois, ils sont repartis bredouille. En mars, la saison des pluies et un tremblement de terre rendant l’accès au Canyon difficile, les recherches ont été abandonnées", écrivent-ils.

Les parents de Natacha se sont rendus à deux reprises au Pérou, mais les recherches pour retrouver leur fille restent vaines. "Mi-mars, la police péruvienne nous informe qu’un nouveau témoin aurait croisé Natacha dans le canyon et aurait entendu un tremblement de terre et un glissement de terrain juste après. Nous leur demandons de vérifier la véracité de ce témoignage et de se rendre sur place pour savoir si notre fille est ensevelie sous la terre et les pierres. Nous vivons dans l’angoisse. Mais, nous restons sans nouvelles et devons attendre la réunion avec le procureur et les personnes en charge du dossier en Belgique pour reprendre l’avion pour Lima le 4 avril, décidés à tout faire pour retrouver notre fille."

Plus tard, ils lanceront leur propre enquête en parallèle. Ils pensent que les habitants du village ont peur de parler.

"Nous nous rendons à Cabanaconde pour être près de notre fille et enquêter nous-mêmes auprès de la population. Tout se sait dans un petit village, mais personne n’ose parler. En concertation avec l’avocat et les policiers, nous décidons d’offrir une récompense de 15.000 dollars afin de motiver les habitants de Cabanaconde à parler et à chercher Natacha. Nous collons des affiches partout dans le village, dans le Canyon, à Chivay et à Arequipa, dans les agences de voyages surtout afin que les guides et les touristes qui partent en randonnée dans le canyon recherchent Natacha sur leur chemin. L’annonce est relayée sur les réseaux sociaux. Mais toujours rien. Les gens de Cabanaconde ont-ils peur de parler? Pourquoi?"

«Il se peut qu’elle soit toujours en vie, séquestrée quelque part»

"Une équipe de secouristes a été envoyée début mai sur place pour rechercher Natacha et Kevin, le jeune Péruvien qui est tombé dans la rivière le lendemain de la disparition de Natacha. Ils ont retrouvé son pantalon. Nous accompagnons les deux policiers de la Divincri qui devaient poursuivre l’enquête à Cabanaconde, pensions-nous. Mais, deux jours après, ils rentrent à Arequipa, le drone promis pour fouiller les zones inaccessibles n’est toujours pas arrivé, toutes nos demandes d’enquêtes, redemandées maintes fois, n’ont toujours pas été exécutées. La police attend la moisson du maïs, la décrue de la rivière et le corps de Natacha pour continuer l’enquête judiciaire. Pourtant, tout le monde, y compris la police, pense qu’il s’est passé quelque chose à l’hôtel ou à Cabanaconde. Il se peut qu’elle soit toujours en vie, séquestrée quelque part."

Les seules informations qui nous parviennent sont celles de chamanes, énergisseurs, pendulistes, médiums et autres voyants qui soit la voient morte, soit vivante et chaque fois dans un endroit différent.

"Les seules informations qui nous parviennent sont celles de chamanes, énergisseurs, pendulistes, médiums et autres voyants qui soit la voient morte, soit vivante et chaque fois dans un endroit différent!"

"Seul le guide secouriste volontaire du Colca, Eloy Cacya, continue les recherches, mais c’est à Autocolca", nous a-t-on assurés, "de prendre en charge la poursuite des recherches. Heureusement, nous sommes soutenus par nos hôtes de l’hôtel Kuntur Wassi et par la population."

Natacha est quelque part, nous ne pouvons pas l’abandonner. Nous devons savoir ce qui s’est passé et la retrouver.

Près de quatre mois après la disparition de Natacha, ses parents n’en peuvent plus. "Aujourd’hui, nous sommes épuisés, tant moralement que physiquement. Nous en sommes toujours au point de départ et nous tournons en rond. Nous attendons des autorités qu’elles reprennent sérieusement l’enquête et répondent à toutes nos questions. Natacha est quelque part, nous ne pouvons pas l’abandonner. Nous devons savoir ce qui s’est passé et la retrouver."