Carl De Moncharline accusé de viol: «Un tissu de mensonges»

L’ancien patron de clubs et homme de com’Carl De Moncharline, figure des nuits bruxelloises, est mouillé dans une enquête de la RTBF. Des témoins assurent avoir subi violences sexuelles et viols après avoir été drogués au Wood, sa boîte fermée en 2016. C’est De Moncharline lui-même qui aurait tendu les verres. 

La Rédaction de L'Avenir
 Carl De Moncharline est accusé d’avoir drogué ses victimes avant de les violer.C’est un reportage de la RTBFqui le révèle.L’homme, connu pour avoir lancé plusieurs soirées et concepts, porte plainte pour diffamation.
Carl De Moncharline est accusé d’avoir drogué ses victimes avant de les violer.C’est un reportage de la RTBFqui le révèle.L’homme, connu pour avoir lancé plusieurs soirées et concepts, porte plainte pour diffamation. ©BELGA

C’est un personnage incontournable des nuits bruxelloises.Qui aurait causé pas mal de cauchemars à certaines personnes fréquentant ses établissements.Carl De Moncharline est ainsi accusé de violences sexuelles et de viols dans une enquête de la RTBF.C’est l’émission « Investigation » de ce 30 mars qui a levé le voile sur les pratiques de l’ancien patron du Wood, le club qui attirait le tout Bruxelles festif au Bois de La Cambre de 2009 à 2016.

L’enquête du journaliste Gérald Vandenberghe démarre dans le contexte du mouvement #balancetonbar.Pour rappel, en octobre 2021, des révélations sur les pratiques de certains barmans, tenanciers ou portiers de bars et clubs bruxellois se font jour. Parti du quartier festif du cimetière d’Ixelles, le phénomène se généralise à toute la ville.De nombreux établissements sont mouillés.La parole se libère. Une page Instagram relaye les témoignages des victimes.Le modus operandi est souvent le même: une drogue dans un verre, le black-out et un réveil douloureux à jamais.

Il est derrière moi, il ferme la porte, il me pousse contre le lit et enlève mon pantalon. Il fait ce qu’il a à faire…

Parmi les innombrables témoignages, l’équipe de la RTBF débusque un lieu récurrent: le Wood. C’est vers ce haut lieu de la techno et de la house des années 2010 que l’enquête se dirige. La RTBF s’oriente vers les victimes.Et le nom de Carl de Moncharline, le patron, est lâché.Valentine fait état d’une bière "qui ne vient pas du bar" après laquelle "tout devient flou".La jeune femme de 17 ans à l’époque se retrouve "à l’étage du Wood".Elle raconte: "Il commence à m’embrasser, à me toucher le haut du corps. Je suis consciente mentalement, mais physiquement, je ne contrôle plus rien".

«Black-out»

Le deuxième témoin, c’est Sita.Le jeune homme a 18 ans lorsqu’un verre offert par Moncharline le mène "au black-out total". Après une nuit au Wood, Sita est ramené à moto par le patron.Qui va plutôt chez lui."Il est derrière moi, il ferme la porte, il me pousse contre le lit et enlève mon pantalon. Il fait ce qu’il a à faire…".Le témoin assure à la RTBF que cette nuit "fera éclater sa vie".Son récit est glaçant.

Ce reportage sensationnaliste, pour soulever des problèmes que je condamne (...), est un traitement délibérément à charge, anonyme et sans preuve.

Carl De Moncharline n’a pas répondu aux sollicitations du journaliste Gérald Vandenberghe.Il a préféré se faire représenter par son avocat.Ce dernier dit de son client qu’il est "extrêmement choqué".Et explique qu’il a "été entendu dans le cadre d’une plainte classée sans suite". Le casier judiciaire de son client "est vierge".

«Mensonges»

Ce 30 mars, dans la foulée de la diffusion d’"Investigation" Carl De Moncharline a cependant pris la plume sur Facebook.Il parle d’un "tissu de mensonges pour les milliers de personnes qui me connaissent depuis plus de 30 ans, de jour comme de nuit, dans 5 grands clubs différents et une dizaine de grands événements". Il se défend de droguer les boissons: "J’ai offert des milliers de verres sans jamais aucun problème. Je ne sers jamais personnellement des verres, c’est mon personnel qui s’en charge, car je ne travaille pas derrière le bar. Personne ne m’a jamais vu drogué ou saoul dans aucune de mes activités". Selon le noctambule, son activité lui a valu des hostilités: "J’ai refusé énormément de personnes et mis pas mal de gens à la porte pour consommation de drogues et taux d’alcool trop élevé, sans parler des bagarres. Ce qui cause nombre d’inimitiés".

Et de se retourner contre le média public: "Ce reportage sensationnaliste, pour soulever des problèmes que je condamne et qui peuvent se poser dans notre société, est un traitement de l’information délibérément à charge, anonyme et sans aucune preuve. Je vous prie de croire que c’est loin d’être ma personne. J’ai d’ailleurs porté plainte pour diffamation".