Le Grand Jojo est mort, la Belgique perd une icône populaire au vaste répertoire d’ambiance

Triste nouvelle: Le Grand Jojo, icône du folklore belge avec ses nombreuses chansons légères au fil des décennies, est décédé la nuit passée.

Le Grand Jojo est mort, la Belgique perd une icône populaire au vaste répertoire d’ambiance

Le chanteur populaire bruxellois s’est éteint ce mercredi, a confirmé à Belga l’archiviste et gestionnaire de son musée, Cyril Forthomme, peu après 02h00. Il est décédé des suites d’une longue maladie

"Le Grand Jojo, 85 ans, nous a quittés paisiblement ce mercredi 1er décembre 2021 des suites d’une longue maladie", a fait savoir Cyril Forthomme. "La Belgique perd un grand Monsieur de la chanson. Le Roi de l’ambiance, l’icône populaire, n’est plus", a précisé celui qui était aussi son ami.

"Son souvenir restera grâce à ses chansons qui continueront à être diffusées pour chanter, pour danser, pour faire la fête et pour apporter de la bonne humeur. C’est toute la force des chansons populaires", souligne le communiqué de l’archiviste du chanteur belge.

"E viva Mexico", sorti en 1986 à l’occasion de l’épopée des Diables rouges à la Coupe du Monde au Mexique reste l’un de ses tubes incontournables.

L’auteur de multiples chansons d’ambiance, Le Grand Jojo, ou "Lange Jojo" en néerlandais, de son vrai nom Jules Jean Vanobbergen, était né à Bruxelles le 6 juillet 1936.

Il avait annoncé en juin dernier annuler ses concerts prévus et mettre un point final à sa carrière.

 Le Grand Jojo ici devant le Manneken Pis à Bruxelles en 2015.

Le Grand Jojo laisse derrière lui une longue carrière musicale débutée à la fin des années soixante. Son répertoire d’ambiance comprend de multiples titres emblématiques, tels que "On a soif", "Jules César" et surtout "E viva Mexico", qui ont marqué la culture populaire belge.

C'est à la maternité d'Ixelles que Jules Jean Vanobbergen fait pour la première fois entendre le son de sa voix le 6 juillet 1936. À l'âge de 3 ans, il effectue sa première prestation en public au Derby, bistrot de Koekelberg, en interprétant "J'attendrai" de Rina Ketty, raconte-t-il dans sa biographie parue en 2015 et écrite par Brice Depasse.

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Lorsque la guerre éclate, son père se réfugie en zone libre, à Bordeaux. Le petit Jean est alors confié à son grand-père maternel, Jules Van Eeckhout, à Koekelberg.

Son enfance et son adolescence, Jules Jean les passe à Molenbeek, entre les amis, le sport et le cinéma. À 16 ans, il quitte l’école pour entrer à l’académie, voulant devenir peintre. Il effectue son service militaire d’abord à la base aérienne de Florennes, où il est membre du premier orchestre de chambre de l’armée en tant que batteur, puis à Zeelik.

Avant de devenir le Grand Jojo, et l’auteur de multiples chansons d’ambiance, l’homme à la moustache a également eu d’autres emplois à son actif.

Engagé dans un magasin d’électroménager au milieu des années ‘50 comme étalagiste, il est finalement muté au rayon disques de jazz, en tant que spécialiste, grâce à ses connaissances en la matière. Il travaillera ensuite chez National Music, la société qui gère en Belgique la marque de juke-box Würlitzer, en charge de la programmation de ces machines, raconte-t-il encore dans sa biographie.

Sa propre carrière musicale débute à la fin des années soixante, avec l’envie d’écrire des chansons "pour faire la fête", un pari réussi. Le premier 45 tours du Grand Jojo - surnom qui lui vient de ses années d’écolier à Koekelberg - et compagnie sort en 1969 chez Olympia, et sera rapidement suivi d’un deuxième opus. Sa popularité est lancée.

Dès les années ‘70, il sort ses chansons sous le label Vogue Belgique, le même qu’un certain Johnny Hallyday notamment... Il y rencontrera aussi un fidèle ami: Claude Barzotti. Son premier 45 tours avec Vogue, qui comprend le titre "Don Juan", est un réel succès.

S’ensuivent des titres comme "Le French Cancan" (1973), premier véritable tube de "Lange Jojo" en Flandre et "Victor le footballiste" (1974).

En 1978, Lou Depryck débarque également chez Vogue. Le début d’une belle amitié, puisque Lou deviendra en même un temps son producteur.

Parmi ses premiers titres figure encore "Le Tango du Congo", sorti en 1972. Ont suivi notamment les plus que célèbres "Jules César" et "On a soif".

"E viva Mexico", sorti en 1986 à l’occasion de l’épopée des Diables rouges à la Coupe du Monde au Mexique reste l’un de ses tubes incontournables. Le titre est depuis devenu un hymne sportif repris dans 50 pays. On a également pu entendre la chanson lors de la chute du Mur de Berlin ou encore dans des films avec Clint Eastwood ou Gene Hackman, confiait encore le chanteur lors de la présentation de sa chanson de la Coupe du Monde 2014, "Viva Brasil".

 Le Grand Jojo laisse un vaste répertoire d’ambiance derrière lui.

Le 11 mai 1998 Jules Jean Vanobbergen fut aussi nommé Chevalier dans l’ordre de Léopold en mai 1998.

Son Best of, sorti en 2012, offre un coup d'oeil sur l'ensemble de sa carrière.

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Le 20 juillet 2015, à 79 ans, Le Grand Jojo faisait son retour au Bal National dans les Marolles, après plusieurs années d’absence, accompagné de son orchestre, en mettant à nouveau le feu avec quasi l’ensemble de son répertoire.

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Sa biographie, "Tout va très bien", a été publiée en octobre 2015.

En 2016, il est nommé Marollien d'honneur.

En 2018, après que l’Union belge de Football a désavoué Damso, le Grand Jojo sort son propre hymne, "Goal Goal Gooaal", pour soutenir les Diables Rouges lors du mondial de foot en Russie.

L’année suivante, le chanteur inaugure son propre musée à Boussu-Lez-Walcourt dans la province de Hainaut, en présence notamment de Frédéric François et Claude Barzotti.

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