Netflix: Angèle cherche bonheur désespérément

La chanteuse belge se livre sans filtre dans un documentaire qui tease au mieux son nouvel album attendu dans deux semaines.

Fanny Guillaume
Netflix: Angèle cherche bonheur désespérément
Angèle dans les rues de sa chère Bruxelles: une jeune femme reflet de son époque. ©Netflix

Il y a trois ans, une pépite pop venait donner un grand coup de pied dans une fourmilière musicale un brin endormie.

Une nouvelle artiste, auteure-compositrice, qui après avoir levé une incroyable communauté de fans sur les réseaux sociaux sortait Brol, un album à son image: frais et engagé. Angèle, de son prénom (car son nom, elle aimerait bien le faire oublier), va alors connaître un succès fulgurant qui la dépassera de bien des façons.

C’est cette jeune femme tantôt vulnérable, tantôt déterminée, de temps à autre perdue mais finalement plutôt solide que l’on découvre dans le documentaire signé Sébastien Rensonnet et Brice VDH, disponible dès aujourd’hui sur Netflix.

Au début, elle s’accroche

Netflix: Angèle cherche bonheur désespérément

Dès les premières minutes du film, on retrouve Angèle, le 14 mars 2020 dans son appartement bruxellois, aux premiers jours du confinement. Comme tout le monde, au début, elle en profite pour se poser, prendre un peu de temps pour elle… Puis, elle finit par s’ennuyer ferme. Germe alors l’idée de regarder en arrière, d’analyser les derniers mois de folie qui l’ont propulsé sur le devant de la scène, là où de son propre aveu, elle a toujours voulu être.

Direction la maison familiale où elle cherche ses carnets intimes, ceux dans lesquels elle a compilé tous les événements, petits ou grands, de sa jeune vie.

L’analyse commence. Et l’on découvre qu’Angèle, même si elle affirmait adolescente ne pas vouloir en faire son métier, va se jeter à corps perdu dans la musique et enchaîner les heureux hasards. En faisant par exemple confiance à son ancienne baby-sitter, Sylvie Farr, qui croit en son talent, fait confiance à son flair et s’improvise manageuse.

Bientôt rejointe par Nicolas Renard qui, au détour d’une conversation, lui dégotera un poste de claviériste sur la tournée de Damso dont elle assurera aussi la première partie sous les huées des fans. Mais Angèle observe. Elle apprend, trouve des façons de lutter et de tourner les choses à son avantage.

Le revers de la médaille

Mais qui dit ascension fulgurante dit aussi revers violents. Parce que, dans ce métier, on ne peut pas faire confiance à tout le monde, Angèle raconte ses désillusions (comme lorsque Playboy utilise une photo pour laquelle elle n'avait pas marqué son accord), ses angoisses, ses combats.

Elle ne cache pas sa tristesse aussi lorsque les médias en quête de buzz, lui volent son coming out. "J'ai réalisé assez tard que j'étais bi. J'avais 23 ans et je ne pouvais plus me mentir à moi-même. Et le truc avec ma situation, c'est que je n'ai pas seulement dû affronter mes proches, la peur de leurs questions indiscrètes, la peur même de l'incompréhension et du rejet. Mais j'ai aussi dû affronter l'avis du grand public." Une situation qu'elle parviendra à retourner, une fois encore avec le sublime titre Ta reine.

En résulte un film intimiste, rampe de lancement idéale pour un second album qu’Angèle annonce plus personnel. Verdict le 10 décembre…

«Angèle», disponible dès ce vendredi 26/11 sur Netflix, 1h24.