Crise du lait: “Nous voulons gagner notre croûte, pas être milliardaires” (Vidéo)

Le trafic des poids lourds est fréquent devant le centre de distribution de Delhaize à Zellik. Mais ce lundi, le zoning industriel Broekooi a changé de couleurs. Les habituels camions de marchandises se sont transformés en une horde de 80 tracteurs.

Yolaine De Kerchove

Des coups de klaxon, des énormes roues boueuses, des vaches colorées. Le paysage a pris un nouveau ton ce lundi midi devant le centre de distribution de Delhaize à Zellik. Une petite centaine d'agriculteurs s'y est réunie en provenance des régions d'Enghien, Ath, Soignies et Rebecq. Comme partout en Belgique, ils revendiquaient un prix du lait plus juste.

"Nous ne voulons pas être milliardaires. Nous voulons juste gagner notre croûte, avoir un métier qui nous rapporte de quoi vivre" confie Louis-Philippe Borremans, bachelier en agriculture.

Le copier-coller de la crise laitière de 2009

« Cette manifestation est le copier-coller de la crise laitière il y a trois ans » explique Patrick Dejonckheere, un agriculteur en provenance de Leuze-en-Hainaut. Depuis 2009, le prix du lait a faiblement augmenté. Tandis que les charges de production ont explosé. Résultat: les producteurs laitiers produisent à nouveau à perte. Et ils sont obligés de continuer à traire leurs vaches car elles font partie d'un investissement sur plusieurs années.

"Le prix du lait demi-écrémé a augmenté de 6 cents dans les grandes surfaces. Il est passé de 49 à 55 cents dans les grandes surfaces. Mais nous, on n'en a pas vu la couleur" ajoute l'agriculteur.

"Ce n'est pas normal que les laitiers aient quasi un prix unique pour tous les agriculteurs. Il y a une sorte de monopole" explique son collègue.

L'action menée par l'organisation, European Milk Board (EMB), était axée devant le Delhaize en signe de protestation contre la pression financière imposée par les chaines de supermarchés.

« Nous nous sentons étranglés par la pression des laitiers et par celle des supermarchés" explique Erik De Koning, secrétaire de la Flemish Milk Board.

Découvrez plus de témoignages, notamment ceux des jeunes, dans la vidéo ci-dessus.