Bio, vrac et circuit court: des secteurs qui subissent la crise et… s’unissent pour trouver des solutions

Bio, vrac et circuit court subissent de lourdes baisses de leur chiffre d’affaires et de leur fréquentation. Des acteurs du secteur, teintés d’un optimisme non feint, unissent leur force pour faire face à la problématique.

Sylvain DOCQUIER

La vérité d’une crise n’est pas celle de l’autre. Alors que celle du Covid-19 avait eu tendance à amener les consommateurs vers les magasins spécialisés dans le bio, le vrac et le circuit court, celle de l’énergie – avec une hausse générale des prix et une baisse du pouvoir d’achat – les en éloignent, actuellement.

C’est le constat implacable posé dans le baromètre réalisé par Biowallonie et Consom’Action en juillet 2022. "Il est important de préciser que cette “photographie” de la situation a été réalisée il y a à peine trois mois et qu’aujourd’hui, la réalité de cette hausse est encore plus criante", explique Sylvie Droulans, directrice de l’ASBL ConsomAction – présente ce mardi à Chaumont-Gistoux pour présenter ces chiffres en compagnie de Manger Demain, Biowallonie et du Collectif 5C (collectif des coopératives citoyennes pour le circuit court), tous porte-voix d’un secteur en difficulté.

Une baisse de chiffre d’affaires parfois supérieure à 30%

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Concrètement – il a été réalisé auprès de 96 commerces bio, vrac et/ou circuit court – ce baromètre met en lumière que 82% des acteurs ont vu leur chiffre d’affaires baisser entre le 1er semestre de 2021 et la même période en 2022. Pour douze des commerces sondés, cette baisse est supérieure à 30%. Seuls 13 magasins reportent une augmentation du chiffre d’affaires par rapport à 2021 et quatre un chiffre d’affaires stable. Raisons évoquées ? La crise économique et la baisse du pouvoir d’achat, la croissance de la concurrence et le nombre de magasins bio, vrac, etc., le retour aux modes de consommations pré-Covid et la hausse du prix du carburant et de l’énergie.

Un des autres chiffres mis en lumière montre que les magasins observent une perte de 56% de leurs clients occasionnels et 44% observent même une perte de clients habituels. A contrario, il y a 37% de nouveaux clients. "Mais ce chiffre ne compense malheureusement pas la perte de clients habituels/occasionnels", déplore Ariane Beaudelot, de l’ASBL Biowallonie.

Quant aux perspectives pour les prochains mois, difficile d’être optimistes du côté des répondants qui estiment que le pouvoir d’achat va continuer à subir la crise actuelle et que cela va se ressentir dans la manière, pour le consommateur, de remplir son panier. "Le plus dur, c’est l’instabilité et l’incertitude ,reprend Sylvie Droulans. Il n’est plus possible d’anticiper des chiffres de vente, etc. comme c’était le cas auparavant. Que ce soit pour les magasins ou, en amont, au niveau des artisans, des producteurs et autres maillons de la chaîne, lesquels subissent aussi les conséquences de tout ça, forcément."

Face à ce constat, les acteurs du vrac, bio et circuit court doivent faire preuve de résilience. "Le secteur souffre encore trop de cette image qu’il est trop cher, inaccessible, etc. Il convient donc d’accroître sa visibilité, son attractivité, sa communication, sa diversification."

Des actions concrètes sont donc envisagées conjointement par ConsomAction, Manger Demain, Biowallonie et le Collectif 5C. "Entre autres, des mécanismes d’aide, avec le soutien de la Wallonie, vont être mis en place. Il y aura aussi les portes ouvertes de la ConsomAction du 17 au 26 novembre, la publication d’un observatoire des prix à la mi-novembre, une journée de réseautage entre pros du bio visant à booster la consommation bio, des actions de sensibilisation, etc."