Villers : les panneaux sont pourtant autorisés

Un garagiste de Marbais s'est équipé d'imposants panneaux photovoltaïques . La Commune n'a eu que le choix d'accorder le permis d'urbanisme.

Dominique Vellande
Villers : les panneaux sont pourtant autorisés
panneaux solaires ©Eda

Depuis une bonne semaine, un garagiste installé dans la rue du Berceau, à Marbais, a fait construire deux gros pylônes supportant des panneaux photovoltaïques. Trente-six par pylone soit 72 au total.

L'installation est visible d'assez loin et a interpellé plusieurs riverains qui se sont demandés si ces panneaux dressés de cette façon étaient bien placés en toute légalité. «Oui, c'est tout à fait légal», répond le bourgmestre de Villers-la-Ville, Emmanuel Burton. Mais la Commune a octroyé ce permis contrainte et forcée. «En fait, il n'existe aucune contrainte pour quelqu'un qui souhaite mettre des panneaux photovoltaïques», regrette Emmanuel Burton. Le maïeur villersois va plus loin : «Nous aurions refusé d'accorder le permis, le demandeur aurait été en recours et l'aurait finalement obtenu. Or, comme il y a des intérêts économiques, nous aurions pu devoir payer des dommages et intérêts.» Plus largement, le bourgmestre y voit la marque de fabrique d'Écolo pour qui il ne voue pas une grande sympathie. «Ils sont prêts à tout pour sortir du nucléaire.»

Disparités

Emmanuel Burton est amer face à une législation wallonne qui, sous couvert de favoriser des énergies renouvelables, introduit des disparités. «On a fait un procès-verbal d'infraction urbanistique pour une maison dont le propriétaire avait mis un lit de bloc en plus que le permis accordé. On refuse des permis pour des couleurs de brique. Et puis là, parce que ce sont des panneaux solaires, on dit oui. Il n'est même pas nécessaire de demander à ce qu'une enquête publique soit organisée.»

«Je peux comprendre»

François Meerts, le propriétaire de ces panneaux, n'était pas au courant de la grogne de certains habitants. «Mais je peux la comprendre. C'est vraiment une question de perception. On aime ou on n'aime pas», explique l'homme, très conciliant. Pourquoi n'avoir pas mis ces panneaux sur la toiture de son bâtiment. «C'est très simple : ce système tourne en fonction de la position du soleil. Cela signifie que les panneaux ont un rendement supérieur de 43 % par rapport à la même surface sur toiture.» De même que François Meerts admet que la législation n'est pas contraignante et que sans doute, l'avenir urbanistique devra aussi se réglementer davantage à propos de tels panneaux.

«La Région wallonne encourage les gens à investir dans le photovoltaïque. Il est donc normal que cette politique soit suivie d'effet. Mais j'insiste pour dire qu'à part l'aspect visuel, mon installation n'engendre aucune nuisance.»