Viols sur le campus de Louvain-la-Neuve: un étudiant jodoignois condamné à cinq ans dont trente mois de prison ferme

Cinq ans dont 30 mois de prison ferme contre l’étudiant poursuivi pour deux viols et plusieurs attentats à la pudeur sur le campus de l’UCLouvain

Vincent Fifi
 Les faits de mœurs commis sur le campus de l’UCLouvain ont été dénoncés à plusieurs reprises par les collectifs actifs à Louvain-la-Neuve.
Les faits de mœurs commis sur le campus de l’UCLouvain ont été dénoncés à plusieurs reprises par les collectifs actifs à Louvain-la-Neuve. ©ÉdA

C’est une des victimes d’un étudiant jodoignois, né en 1997, qui a donné l’alerte en février 2021 après avoir subi des faits de mœurs de la part de ce jeune homme. Elle est parvenue à retrouver d’autres victimes, qui ont pratiquement toutes raconté la même chose.

L’étudiant participait à des soirées sur le campus de l’UCLouvain, et ciblait des jeunes filles sous l’influence de l’alcool. Pour certaines, il s’agissait de ses amies. D’autres étaient des étudiantes rencontrées lors de ces fêtes.

Le Jodoignois leur demandait qu’on l’héberge pour une nuit dans un kot ou dans un comu. Une fois seul avec la victime, il se montrait physiquement entreprenant, insistait s’il était repoussé par des jeunes filles qui n’étaient plus vraiment en état de se défendre. Certaines étaient endormies, d’autres se trouvaient dans un état second lorsqu’il passait à l’action.

S’il finissait par être fermement éconduit, il s’excusait en mettant son comportement sur le compte de l’alcool. Et il demandait alors aux victimes de n’en parler à personne.

Sur le banc des prévenus du tribunal correctionnel, le Jodoignois était poursuivi pour deux viols et plusieurs attentats à la pudeur. Pour la plupart de ces faits, il était en aveu.

«Je n’avais pas conscience de la gravité…»

"Je suis sincèrement désolé: durant les mois qui ont suivi mon arrestation, j’ai pris le temps d’analyser: le mélange d’alcool et de stupéfiants était un danger, a-t-il affirmé. J e comprends que ce j’ai fait a pu être traumatisant . Plus jamais je ne le referai. Je n’avais pas conscience de la gravité… Je regrette amèrement."

Pour le ministère public, la seule chose qui a arrêté le prévenu, en réalité, c’est l’instruction. Parce que durant plus de deux ans, malgré les regrets exprimés auprès des victimes et le classement sans suite d’une première plainte, il a poursuivi son manège.

"Les victimes, il n’en a rien à faire, avait regretté la substitut à l’audience. Ce qui l’intéresse, ce sont ses envies à lui. Qui n’essaie rien n’a rien mais non, c’est non! Aller jusqu’à se glisser dans le lit de jeunes filles, les caresser, les pénétrer quand elles dorment… On est face à un prédateur!"

Le jugement avait été reporté pour que le tribunal prenne en compte le nouveau code pénal sexuel et entende l’avocate de la défense sur ces nouvelles dispositions. Le conseil avait alors plaidé une peine de probation autonome, précisant que son client avait été convoqué par le vice-recteur et risquait une sanction disciplinaire.

Le tribunal a tranché mercredi et souligne l’extrême gravité des faits, leur répétition, la longueur de la période infractionnelle et le sentiment d’insécurité que génère ce comportement. Vu le contexte et le sentiment de honte ressenti par les victimes, la justice craint qu’il y ait davantage de faits que ceux qui ont fait l’objet d’une plainte…

Le prévenu écope de cinq ans de prison, avec un sursis pour ce qui excède 30 mois. Le solde est assorti d’un sursis probatoire imposant notamment au prévenu un suivi médicopsychologique régulier.