Pas si simple, les poubelles à puce à Ottignies-Louvain-la-Neuve

Écolo plaide pour les poubelles à puce. Mais le système n’est pas si simple à adopter. Preuve avec Ottignies-LLN, ville dirigée par Écolo.

Quentin Colette
Pas si simple, les poubelles à puce à Ottignies-Louvain-la-Neuve
Les difficultés d’un passage aux poubelles à puce concernent surtout Louvain-la-Neuve. ©Photo News

«Mais si on construit deux fours, l'inBW n'a pas d'intérêt à envoyer un message aux Communes pour qu'elles produisent moins de déchets. Elles ne passeront donc pas à la poubelle à puce», soutient Écolo BW, réagissant à la décision du conseil d'administration de l'intercommunale de rénover le deuxième four de l'incinérateur de Virginal (Ittre).

Parmi les administrateurs Écolo, Hadelin de Beer nous a dit regretter que des administrateurs, par ailleurs bourgmestres, aient été frileux, trouvant des spécificités à leur commune pour ne pas passer à la poubelle à puce.

Si ce système permet de diminuer sensiblement la quantité de déchets produite, il n’est pas si facile à adopter. Preuve en est avec Ottignies-Louvain-la-Neuve.

La Ville, dirigée depuis 2000 par une coalition menée par Écolo – c'est actuellement la seule Commune du Brabant wallon avec un bourgmestre Écolo, une en l'occurrence – réfléchit de longue date à l'adopter. C'était déjà à «envisager» dans le programme stratégique transversal 2012-2018 de la Ville et c'est à «réaliser» dans son actuel PST.

Hadelin de Beer, par ailleurs conseiller communal à Ottignies-LLN, reconnaît que cela le chagrine – il l'a dit en des termes plus fleuris – que ce ne soit pas encore fait dans sa localité. «Mais on y travaille.»

Ottignies-LLN, deuxième meilleur élève

L'échevin de l'Environnement, Philippe Delvaux (Écolo), souligne que «l'objectif le plus important est de diminuer la quantité de déchets ménagers produite. Avec une double collecte (déchets ménagers et déchets organiques via des sacs distincts), nous sommes déjà parmi les bons élèves, puisque nous sommes derrière Chastre (NDLR: la première commune du BW à avoir opté pour les poubelles à puce), avec 101-102 kilos de déchets par an et par habitant, soit une diminution de 5% sur trois ans. Mais on doit poursuivre nos efforts.»

Et de continuer: «On va axer notre communication sur un meilleur tri des déchets organiques. Car si l'utilisation des sacs pour ces déchets est en augmentation, il y a moyen de faire mieux. Ces sacs sont moins chers que les sacs jaunes et on pourrait envisager de baisser encore leur prix.»

Le passage aux poubelles à puce est, lui, toujours en réflexion. En septembre, une personne sera d’ailleurs engagée à temps plein sur la thématique des déchets. Celle-ci se penchera notamment sur la question de la collecte des déchets au poids.

«Les difficultés liées aux poubelles à puce concernent surtout Louvain-la-Neuve.»

La problématique est complexe mais résumons-la en deux difficultés majeures. «Il faut pouvoir rattacher la poubelle au producteur des déchets, c'est-à-dire à celui qui va payer. Dans les bâtiments avec des kots ou des appartements, ce n'est pas simple», indique l'échevin.

L'autre difficulté est logistique: si un bâtiment contient, par exemple, 5 appartements et si on considère chaque logement comme une unité, il faut 10 conteneurs, soit un pour les déchets ménagers et un pour les déchets organiques par logement. «D'où un problème de place sous la dalle.»

À Ottignies mais pas à Louvain-la-Neuve?

L'échevin précise que «la motivation ultime est de réduire les déchets, mais il ne faut pas négliger les questions logistiques et de coûts. Et il ne faut pas croire qu'à Ottignies-LLN on va diminuer de 30% la quantité de déchets avec les poubelles à puce.»

Selon l'échevin, les poubelles à puce pourraient toutefois arriver le 1er janvier 2022 dans la commune. «Est-ce que cela sera le cas à Louvain-la-Neuve? C'est la grande question.»