Hospitalisations: «On est au seuil critique», selon le directeur de Jolimont

Pour Stéphan Mercier, qui dirige le plus grand réseau hospitalier wallon, quelques patients Covid supplémentaires suffiront pour devoir déprogrammer des interventions dans ses hôpitaux.

U.P.

L’augmentation des hospitalisations dues au Covid-19 se poursuit en ce début de semaine, à un rythme de plus de 200 hospitalisations par jour. De quelle marge dispose-t-on avant que cette croissance ne devienne problématique pour les hôpitaux?

D’aucune, à en croire Stéphan Mercier, directeur du groupe Jolimont, interrogé ce matin sur Bel RTL. «On est à deux doigts de déprogrammer des interventions chirurgicales non urgentes», explique-t-il.

«On est au seuil critique. On ne s’approche pas, on y est.» Encore quelques patients supplémentaires, «et nous devrons intervenir sur le reste de l’activité. C’est le point de bascule», affirme-t-il.

«Pour vous donner un point de comparaison, nous sommes, pour l’hôpital de Jolimont (La Louvière), au niveau du pic de la 1re vague, alors que l’ensemble de l’activité hospitalière non urgente était à l’arrêt.»

Situation instable et risque de saturation

Cette situation est valable pour tous les hôpitaux du groupe, à La Louvière, Mons, ou Nivelles. «Il y a des disparités régionales, mais elles changent relativement vite.»

Actuellement, une centaine de lits sont occupés par des patients Covid, les unités de soins intensifs incluses. 20 à 25 patients sont en USI, représentant 50% de la capacité du groupe. Y a-t-il un risque de saturation des USI? «Oui, mais ce ne sera pas le cas tout de suite, c’est plutôt l’impact sur le reste de l’activité qui est plutôt problématique pour l’instant.»

Pour Stéphan Mercier, il est difficile de parler de troisième vague à ce stade. «la deuxième vague n’est jamais redescendue totalement et chaque vague a eu ses caractéristiques propres.» Ce qui est sûr par contre, «c’est que la situation n’est plus stable. Elle l’est restée relativement depuis deux mois, mais ça n’est plus le cas.»

La vaccination épargne les maisons de repos

Par rapport aux deux pics d’avril et de novembre 2020, le directeur pointe deux facteurs positifs: ses hôpitaux ne sont plus confrontés aux patients originaires des maisons de repos et les traitements ont évolué. «Je pense que c’est une des raisons pour lesquelles ça a augmenté de façon assez lente […], les patients restent beaucoup moins longtemps à l’hôpital si leur état ne se dégrade pas.»

Stéphan Mercier note également un âge moyen de patients en baisse. «L’impact de la vaccination commence à se voir.»

Par contre, les patients entre 45 et 50 ans sont plus présents que lors des deux vagues précédentes et ils ne sont nécessairement moins vulnérables que leurs ainés. «Le pronostic reste extrêmement délicat pour ces patients qui se retrouvent en soins intensifs.»

Respecter les mesures ou passer en confinement strict

Pour les prochains jours, Stéphan Mercier ne voit que deux options pour éviter d’aller à la saturation: «ou respecter de manière stricte les mesures en place aujourd’hui ou bien passer à un confinement très dur, très strict et de courte durée. Mais entre les deux, je pense qu’il n’y a pas de voie médiane.»

La grosse difficulté de l’option confinement strict, ce serait son acceptation incertaine par la population. Mais il y a un moyen très simple de l’éviter: respecter les gestes barrière et le port du masque. «La grosse majorité des contaminations, c’est d’avoir été en présence [d’une personne contaminée] pendant moins de 30 minutes, sans masque.»