"Je me suis vue mourir": les témoignages glaçants des victimes du trio de braqueurs belges

Les victimes du trio de jeunes braqueurs belges ont témoigné mercredi devant la cour d’assises de l’Aude, en France.

"Je me suis vue mourir": les témoignages glaçants des victimes du trio de braqueurs belges
Le trio, qui avait pris l’habitude de se réfugier dans les hôtels de Catalogne après chaque braquage pour y mener la belle vie et s’adonner à la consommation de stupéfiants, a été interpellé le 9 novembre 2019 à la barrière de péage du Boulou, à ... ©BELGAIMAGE

"Dès qu'ils sont rentrés, quand j'ai vu leurs armes, je me suis dit que c'était terminé pour moi. Quand il a braqué son pistolet sur ma tempe, je me suis vue mourir." Elise, employée du supermarché de Quillan, est l'une des victimes du trio belge poursuivi pour cinq braquages à main armée commis entre le 30 octobre et le 6 novembre 2019 dans l'Aude, en Haute-Garonne, dans les Pyrénées-Orientales et dans les Pyrénées-Atlantiques. Ce mercredi, elle a témoigné au procès de Quentin D., 24 ans (de Waremme), Aurélien N., 23 ans (de Jodoigne), et de Shelina P., 20 ans (de Nassogne). Une journée consacrée aux témoignages des victimes, comme l'expliquent nos confrères du journal L'Indépendant.

Cette préparatrice en pharmacie qui travaillait le jour d’Halloween dans une officine de Muret (Haute-Garonne) en garde encore des séquelles psychologiques. "Quand l’un d’eux m’a demandé la caisse avec son masque de squelette, spontanément, j’ai souri et lui ai tendu le récipient de bonbons", a-t-elle expliqué. "Il a jeté le pot et a tendu son arme vers moi. J’ai appuyé sur le bouton placé sous le comptoir pour alerter la police. Ça les a fait paniquer… Ils se sont précipités pour prendre l’argent dans ma caisse. Ils ont tenté d’en ouvrir une seconde. Ma collègue s’est interposée." Une collègue qui a, elle aussi, pris la parole, indiquant avoir dû être suivie par un psychologue. "Je n’arrivais plus à fermer l’œil. Je faisais des crises d’angoisse…"

Vous entendre aujourd’hui me fait prendre conscience de l’impact de nos actes psychologiquement parlant.

"Pardon pour vous avoir poussé", a déclaré Quentin après que l’avocat de la dame ait demandé au trio ce qu’il avait à dire, comme le relate encore L’Indépendant. "Je n’avais aucunement l’intention de vous faire du mal. Vous entendre aujourd’hui me fait prendre conscience de l’impact de nos actes psychologiquement parlant."

Cet événement m’a énormément choqué. Je n’ai jamais repris le travail.

Toujours selon le quotidien français L’Indépendant qui assiste aux débats, l’employée du Carrefour Contact a, elle, indiqué que seuls Shélina et Quentin étaient rentrés dans le magasin, Aurélien faisant le guet sur le parking. "Il (Quentin, Ndlr) a appliqué le canon du pistolet sur mon flanc droit. La fille, elle, tenait un couteau. (…) La cliente est tombée dans les vapes. (…) Cet événement m’a énormément choqué. Je n’ai jamais repris le travail."

À la question de savoir qui semblait diriger les choses, le témoin est formel: "C’était elle. Lui, je le voyais trembler, il n’avait pas l’air sûr de lui." Un autre témoignage va dans le même sens. La "meneuse" semblait être Shélina.

Le trio, qui avait pris l'habitude de se réfugier dans les hôtels de Catalogne après chaque braquage pour y mener la belle vie et s'adonner à la consommation de stupéfiants, a été interpellé le 9 novembre 2019 à la barrière de péage du Boulou, à leur retour d'Espagne. Leur voiture, repérée lors de chaque vol, était recherchée.

Si Quentin et Aurélien comparaissent devant la cour d’assises sous les liens du mandat d’arrêt, Shélina est, elle, placée sous contrôle judiciaire.