Du café torréfié avec l’énergie solaire: une première mondiale

Start-up située à Hamme-Mille, Ray & Jules lance sa gamme de café produit entièrement à l’énergie solaire.

Cristel Joiris
Du café torréfié avec l’énergie solaire: une première mondiale
Koen Bosmans, fondateur de Ray & Jules, Sarah Bergé, son épouse et Lieze Bergé.

C'est dans un bâtiment situé derrière le carrefour d'Hamme-Mille, à Beauvechain, que la start-up Ray & Jules a installé une machine qui n'existe encore nulle part ailleurs dans le monde. Celle-ci torréfie du café à basse température et 100% à l'énergie solaire. «La torréfaction du café émet chaque année 15 millions de tonnes de CO2, soit l'équivalent de 5 milliards de litres de mazout, explique Koen Bosmans, fondateur (Lire ci-dessous). Cela nous a incités à développer une technologie innovante pour offrir aux amateurs de café une alternative respectueuse de l'environnement.»

Trois fois moins d’énergie

Torréfier lentement et continuellement consomme, en effet, trois fois moins d'énergie que les méthodes traditionnelles. «Le processus de torréfaction à basse température dure 12 minutes. Les torréfacteurs industriels torréfient à haute température pendant 6 minutes. Ce qui non seulement gaspille énormément d'énergie, mais fait perdre également beaucoup d'arôme au café car les grains sont refroidis à l'eau. La méthode que nous avons mis au point permet de proposer une recette artisanale et de conserver au maximum l'arôme du café.»

Avec l’aide d’experts de la société de Koen Bosmans (CEE) et grâce au soutien de DGO6 de la Wallonie, la start-up a pu finaliser un prototype grandeur nature de son installation solaire, faire breveter la technologie au niveau mondial et obtenir une certification «Fairtrade».

Une technologie unique au monde

C'est au moment de faire la demande d'un brevet que le fndateur et ses septs ingénieurs se sont rendu compte qu'ils étaient les premiers à proposer une combinaison de torréfaction lente et d'énergie solaire. «D'autres ont pensé à cette méthode aux Etats-Unis mais ils ne sont pas capables de produire à l'échelle industrielle.»

À l'inverse, la start-up brabançonne produit actuellement 100 kg par heure. «Le système intelligent de stockage temporaire de l'énergie solaire nous permettra bientôt une production de nuit. Nous serons capables de produire 50 tonnes en un an et nous avons l'ambition d'augmenter ce chiffre à 100 tonnes le plus rapidement possible car nous avons beaucoup investi», conclut Koen Bosmans.

>>> Pour toute information:https://www.ray-jules.com/contact/

Respecter les paysans du Sud

En s'investissant deux jours par semaine dans l'entreprise Ray & Jules, mise sur pied par son mari en 2017, Sarah Bergé a bon nombre d'ambitions écoresponsables. « L'idée n'est pas seulement de vendre du café, dit-elle. Nous souhaitons avant tout de vendre un style de vie plus respectueux de l'environnement. Si certaines sociétés nous emboîtent le pas dans cette direction plus écologique, nous aurons l'impression d'avoir apporté notre petite pierre à l'édifice. » Pour se fournir en café, la start-up brabançonne travaille avec une société intermédiaire qui certifie travailler de manière durable avec les producteurs du Sud, notamment en respectant les conditions de travail des paysans. « Mais nous ne sommes pas sur le terrain pour vérifier ce qui se fait, ajoute Sarah Bergé. Mon rêve absolu serait d'un jour travailler en direct avec eux. »

Et pourquoi pas implanter ces installations qui fonctionnent à l'énergie solaire directement dans les pays du Sud ? « Nous voulons d'abord expérimenter le produit ici mais c'est sûr que je sais déjà combien coûte un hectare de terre au Congo », sourit son mari, Koen Bosmans.

CEE, une société qui travaille pour une industrie durable

Du café torréfié avec l’énergie solaire: une première mondiale

Ingénieur civil de formation, Koen Bosmans a fondé le groupe CEE en 2007. Il est aujourd’hui à la tête d’une entreprise d’une soixantaine de personnes. En tant qu’entrepreneur, il a réalisé plus de 100 projets d’engineering et de construction. « Nous proposons des solutions aux industries afin de réduire leurs consommations énergétiques et donc les coûts qui y sont liés, explique le Beauvechainois. Nous construisons des machines pour leur faire économiser de l’argent. L’idée est qu’ils récupèrent leurs investissements sur base des économies qu’ils font. Nous avons actuellement 150 clients dont une majeure partie en Flandre, où l’on produit davantage de C02. »