Les pucerons pullulent en Wallonie

C’est une invasion : les pucerons sont particulièrement nombreux en Wallonie, ce printemps. Cela inquiète les cultivateurs de betteraves et de pomme de terre.

Arnaud Huppertz
 Les prédateurs des pucerons sont arrivés en retard, cette année. Les pucerons, qui avaient profité d’un hiver globalement doux, en ont profité pour pulluler.
Les prédateurs des pucerons sont arrivés en retard, cette année. Les pucerons, qui avaient profité d’un hiver globalement doux, en ont profité pour pulluler. ©Michael Tieck – Fotolia 

Un œil attentif ne tardera pas à les repérer dans les jardins: les pucerons sont de retour. Si cela vous gêne de les apercevoir sur vos rosiers, c’est bien pire pour les agriculteurs qui constatent l’invasion de leurs champs de betteraves ou de pommes de terre par ces pucerons qui peuvent être vecteurs de virus pour ces cultures.

Les pucerons prolifèrent en ce printemps. Cela inquiète les agriculteurs. Et cela inquiète aussi le député wallon Nicolas Janssen (MR): "Les pucerons pullulent en Wallonie avec une conséquence sanitaire néfaste pour une série de cultures. Ces pucerons sont à l’heure actuelle déjà présents dans les cultures de betteraves et dans certaines cultures maraîchères. Les pommes de terre pourraient être les prochaines victimes. Je m’inquiète particulièrement de l’impact de cette prolifération en Wallonie et notamment en Brabant wallon. Là, on retrouve une proportion importante de la surface agricole utile occupée par les cultures de betteraves et de pommes de terre."

Pourquoi les pucerons sont-ils aussi nombreux cette année? Ces pullulations peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs concomitants: la température élevée, la colonisation tardive par les prédateurs des pucerons (les coccinelles) et un hiver globalement doux.

Des niveaux de captures inédits

Le ministre wallon de l’Agriculture, Willy Borsus (MR), confirme: "Nous connaissons depuis ces dernières semaines une prolifération des pucerons dans toute la Wallonie. Les pièges à aspiration de notre centre de recherche – le CRA-W de Gembloux et de Libramont – destinés au monitoring des pucerons ailés ont enregistré des captures inédites qui dépassent les 1000 pucerons par jour avec des pointes de capture aux alentours des2000 pucerons par jour."

Les comptages de pucerons menés par l’IRBAB, l’Institut royal belge d’amélioration de la betterave, ont indiqué à plusieurs reprises le dépassement du seuil de traitement, conduisant à l’application d’un traitement insecticide par voie foliaire pour les champs non traités aux néonicotinoïdes, a également fait savoir le ministre.

«Les néonicotinoïdes, une solution qui n’est pas pérenne»

"Même si les betteraves sont actuellement protégées par leur enrobage de néonicotinoïde, nous savons que cette solution n’est pas pérenne, eu égard à la volonté de l’Union européenne de ne plus autoriser ce produit et de ne pas accepter indéfiniment les demandes de dérogations des États membres comme la Belgique ou la France", a observé Nicolas Janssen. Le député voulait dès lors savoir ce que la Région wallonne met en place pour trouver des alternatives durables, "viables économiquement pour nos agriculteurs" , à l’utilisation des néonicotinoïdes.

Mieux comprendre la jaunisse de la betterave

Le ministre lui a répondu que la Région wallonne finance, dans le cadre du Plan de relance de la Wallonie, le projet Virobett qui cherche à comprendre la dynamique de propagation des virus de la jaunisse de la betterave sucrière pour améliorer la stratégie de lutte intégrée contre celle-ci.

"En attendant les résultats du projet Virobett et en respectant les principes de la lutte intégrée, plusieurs traitements insecticides autres que les néonicotinoïdes sont agréés en Belgique contre les pucerons de la betterave" , rappelle Willy Borsus qui ajoute: "Il est important de rappeler que les pucerons sont naturellement contrôlés par un cortège d’insectes utiles qu’il faut favoriser et préserver dans les agroécosystèmes" .

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