Soixante pages de décl aration qui créent la passion

Très long conseil communal, ce lundi. Il aura vu la majorité présenter sa Déclaration de politique communale. Une réflexion diversement appréciée.

Thierry CRUCIFIX
 Soixante pages de décl aration qui créent la passion
Pour Écolo, la déclaration de politique générale, c’est une liste de courses ©ÉdA – 401022886769

Ce lundi, le conseil communal de Sombreffe a commencé par une modification de l’ordre du jour. Sur proposition de Philippe Ruquoy (IC-MR) le point supplémentaire concernant la Déclaration de politique communale, prévu en fin de séance, a été avancé au point 5 de l’ordre du jour. Une sage décision de l’assemblée car indéniablement, l’esprit est plus vif à 20 h qu’il ne l’est à plus d’une heure du matin! Car ce conseil communal s’est aussi fait remarquer par sa longueur inhabituelle (le public a été invité à quitter la salle à 1 h 20 du matin), obligeant les participants à faire acte de présence et de vigilance jusqu’aux petites heures. Si le menu était consistant, tous les plats n’avaient cependant pas la même saveur. Ainsi, près d’une vingtaine de points de l’ordre du jour prévoyaient la désignation de représentants communaux à diverses assemblées, comme l’OTW (l’ancien TEC), le Holding communal aujourd’hui en liquidation, l’Inasep ou encore l’IDEF. Qui plus est, la procédure prévoyait la nécessité d’un vote et de son dépouillement, même lorsqu’une seule personne s’était portée candidate. Un long moment fastidieux donc, vécu avec stoïcisme par le public qui allait être récompensé par d’autres plats autrement plus alléchants.

Et la Déclaration de politique communale (DPC) a été l'un des plats principaux: 60 pages, présentées tour à tour par les membres de la majorité, en fonction de leurs attributions. Il y avait bien dans ce document quelques déclarations passe-partout que personne n'aurait imaginé contester, comme: fournir un accueil de qualité aux enfants âgés de 0 à 3 ans, protéger les usagers faibles, tendre vers le zéro déchet ou encore poursuivre une saine gestion des finances communales.

Pas de marge de manœuvre

Mais plus fondamentalement, ce document reflétait les valeurs et priorités de la nouvelle majorité. Qui y a mis du temps et du cœur pour la rédiger: «Nous nous sommes isolés pour travailler dans le calme. En tout, 20 heures d'un travail intensif», a précisé Étienne Bertrand. Qui manque de tomber de sa chaise quand il écoute Valérie Delporte s'exprimer pour le compte d'Écolo. «Nous ne trouvons aucune vision de société. C'est en fait une liste de courses, faite avec vos promesses électorales, avec quelques bonnes idées empruntées à d'autres et vous semblez confondre avec le Plan stratégique transversal (PST). Quels sont les défis prioritaires pour Sombreffe? Quel poids financier mettre dans tel ou tel axe?» Le bourgmestre s'étrangle de stupéfaction: «Comment osez-vous? Nous avons là des lignes de rupture fortes par rapport au passé et vous nous dites que rien n'est bon. Ce n'est pas respectueux de notre travail. Qu'avez-vous fait pendant 6 ans? J'attends toujours votre DPC. Quant à notre PST, vous l'aurez en juillet.»

Philippe Leconte (CI-LdB) ne voit guère de nouveautés dans ce catalogue de bonnes intentions. Plus fondamentalement, il s'étonne que la partie présentée par Benoît Vandenschrick, président du CPAS, n'ait pas encore fait l'objet d'une présentation en interne. «Il y a une marge de manœuvre?», s'inquiète l'ancien bourgmestre. «Non, c'est figé et donc non ouvert à la discussion», termine Benoît Vandenschrick. Une déclaration pour laquelle la liste CI-LdB vote contre, Écolo s'abstient et DéFI rejoint la liste IC-MR pour voter oui.