Il n’y aura pas de consultation populaire

Il était 00 h 37 quand Pierre Moreau a pris la parole devant un public bien évidemment clairsemé. Le point 34 de l’ordre du jour réservait la place à une interpellation citoyenne.

Th.C.
Il n’y aura pas de consultation populaire
Pierre Moreau a posé une question citoyenne ©ÉdA – 401022809841

«Il s’agit de saisir l’opportunité des prochaines élections du mois de mai pour organiser à Sombreffe une consultation populaire communale sur l’urgence climatique.», avait expliqué Pierre Moreau avant le début du conseil. «Elle permettra à Sombreffe de figurer à la pointe de l’actualité, de montrer le chemin à emprunter non seulement par sa propre population mais aussi par les autres niveaux de pouvoir et les médias. Ce n’est pas parce que nous vivons dans une petite commune que nous ne pouvons pas réaliser de grandes choses!», lançait-il. Pierre Moreau se disait confiant: «Si le collège accepte, il montrera son ouverture aux questions fondamentales du moment. Et fera preuve d’une belle ouverture. Sombreffe sera sans doute la seule commune belge à en faire autant. Avec un exemple à suivre.» Et pratique, le citoyen sombreffois faisait remarquer que cela ne devrait pas bousculer le budget de la commune, puisqu’en cas d’accord, il suffirait d’ajouter une quatrième urne dans les bureaux et de prévoir un dépouillement communal.

Un refus motivé

Une démarche par ailleurs pleinement soutenue par le groupe Écolo qui, à l'annonce de cette initiative, s'était rallié à celle-ci. «Plusieurs communes, comme Namur, Mons, Ath, Liège ou encore Mouscron ont déjà expérimenté cette procédure autorisée par la Constitution, soulignait Luc Bauwin, co-président d'Écolo Sombreffe. Et de poursuivre: Les actions citoyennes qui visent à mobiliser les volontés doivent être soutenues et encouragées, nous nous engageons à apporter toute notre aide pour l'organisation pratique de cette consultation climatique.»

Si plusieurs étaient dès lors chauds bouillants, l'échevine Laurette Doumont-Henne (IC-MR) a tôt fait de doucher l'enthousiasme. Elle a pris la peine de justifier les raisons de son refus net et catégorique. «Nous avons pris contact avec l'Union des villes et communes de Wallonie qui nous a précisé qu'aucune consultation populaire ne peut se faire au cours des 40 jours qui précèdent l'élection fédérale, régionale et européenne. Quant au jour même, le ministre Courard signale le 14 mars 2007 qu'une consultation populaire viendrait dénaturer le scrutin fédéral et pourrait énerver l'électeur.» À cet aspect légal, l'échevine souligne qu'une consultation populaire est plus indiquée pour une consultation communale portant sur un centre commercial ou le placement d'éoliennes. D'un point de vue financier, elle estime le coût de cette démarche à 11 000€, ce qui est loin d'être neutre. «Et si vous avez été attentifs à notre déclaration de politique générale, nous comptons mettre en œuvre un plan local d'action climatique avec une commission communale, les associations existantes et des experts.»