Sombreffe : dans le pré, au bonheur des deux châtaigniers

La nature va entrer à l’école. Hier, le ministre René Collin était à Sombreffe pour dire les bienfaits d’une récréation au vert.

Pierre Wiame
Sombreffe : dans le pré, au bonheur des deux châtaigniers
le ministre Collin à l'école, Sombreffe ©Pierre Wiame

Dans cette école de la Fédération Wallonie-Bruxelles, chaussée de Nivelles, deux châtaigniers centenaires dominent les grilles et la cour. L’accueil est géant et la suite sera à l’avenant: ici, au pays des prairies grasses et des vaches blanches, les enfants de primaire ont rendu à la nature la place qu’elles n’auraient jamais dû perdre. À la récréation, ils ne font que shooter dans un ballon et faire des paniers de basket sur du béton. Ils peuvent s’évader au-delà, pour faire du tourniquet dans une prairie et se défouler sur des modules en bois. Ici, nous sommes dans une école qui a osé le vert, offrant un cadre idéal au lancement, par le ministre wallon de l’Agriculture René Collin (cdH), d’un appel à projets à destination des écoles primaires et maternelles de Wallonie.

Baptisé «Ose le vert, recrée ta cour », cette campagne en faveur de l'environnement est portée par GoodPlanet Belgium, en partenariat avec la coopérative Cera et Natagora.

Le ministre est arrivé vers 11 h, a fait la bise aux enfants, leur a expliqué que les noix sont excellentes à la santé et que le centre agronomique de Gembloux compte en son sein les plus grands spécialistes européens des pommes, ce meilleur «dix heures ». Il leur a appris qu’ils ont inventé une nouvelle pomme, la Coccibel.

Avant de se laisser guider parmi les réalisations vertes de ces enfants reconnectés à la nature, le ministre a communiqué, à même la cour, devant un banc d’écolier, ses ambitions: ramener de cette vie infiniment précieuse dans les activités humaines (y compris au cimetière et dans les zones d’activité économique), parce qu’il en va de la biodiversité actuellement en péril, de la consolidation du patrimoine naturel wallon, de la qualité de notre existence…

Des poules dans le pré

Les efforts publics de sauvegarde de la nature ne sont pas neufs. Le gouvernement wallon a initié dans le passé plusieurs projets, en encourageant le fauchage tardif et la réintroduction de ruches dans les communes (plan Maya) etc.

Cette fois, il va un pas plus loin, en mobilisant les enfants, qui seront les acteurs de demain, et en mettant en place un réseau Wallonie-Nature.

Rappelons ici cette vérité claironnée par le président des États-Unis, sur laquelle on ne peut être que d'accord: «On n'a qu'une planète, il n'y a pas de plan B ». D'ailleurs, la Flandre œuvre aussi en ce sens et la ministre bruxelloise de l'Environnement Céline Fremault compte imiter son homologue wallon. Un bon point.

À l'école de la Fédération wallonie-Bruxelles de Sombreffe, qui a introduit une demande pour s'appeler plus poétiquement l'école des Deux Châtaigniers, ce retour à la nature a déjà produit des résultats: «Les enfants sont plus souriants a déclaré le directeur Rudi Babuder. La nature est au service de la pédagogie, elle rend l'enseignement plus digeste et se prête à toutes les matières, des mathématiques à l'expression artistique. Notre cuisine travaille aussi des produits frais et locaux. » Ainsi, l'an dernier, la récolte des pommes a permis le pressage de 800 litres de jus.

Cette peut-être future école des châtaigniers a la chance, rare, de disposer d’un cadre verdoyant de 65 ares, un endroit magique pour y prendre des collations et s’y raconter des histoires.

On y découvre une mare, un verger, un pré fleuri, un arboretum (bouleaux, cerisiers, pommiers), des aires de jeux, un kiosque.

En fin de visite, le ministre a dégusté le bon jus de pomme, les pieds dans l’herbe.