Elle a perdu un bébé sous les coups de son 1er amour et dormait dans le panier du chien quand elle lui tenait tête

Poursuivi pour coups simples et menaces, le Sambrevillois n’a eu de cesse de faire vivre l’enfer à la mère de ses trois enfants. Il risque 2 ans.

Catherine Dethine
Elle a perdu un bébé sous les coups de son 1er  amour et dormait dans le panier du chien quand elle lui tenait tête
©Ольга Лопашова – st 

Les faits visés par la citation remontent à 2015 et 2016. Néanmoins, tant du côté du Parquet que la partie civile, on tient à souligner, qu’aujourd’hui encore, alors qu’elle a refait sa vie, la victime est toujours terrorisée. Au point que le juge des familles a demandé que cela soit acté.

Aujourd’hui, c’est devant le tribunal correctionnel de Namur que le Sambrevillois doit répondre de coups simples, harcèlements, menaces, entraves méchantes à la circulation et port d’armes prohibées. La principale victime ? Celle qui fut sa compagne durant 11 ans.

Interrogé, le prévenu (né en 1978) est poursuivi pour 13 préventions dont les coups et les menaces par message. "Je regrette de m’être emporté, explique-t-il. On était séparé et j’étais fou amoureux d’elle. Mais j’ai compris. J’ai pris sur moi pour pourvoir garder le contact avec elle et les enfants." La victime s’est constituée partie civile pour un euro, à titre provisionnel. "Elle a subi un dommage grave. L''impact, elle le vit encore actuellement", souligne son avocate.

Le substitut Hélène Mascart va mettre des mots sur ce processus de domination. "Lorsque la victime le rencontre, elle a 15 ans. Et lui dix de plus. Cela aurait pu être une belle histoire mais c’est l’enfer. C’est son premier amour. Elle n’a jamais connu autre chose". C’est en 2016 qu’elle ose dénoncer neuf ans de violence. Alors qu’elle est enceinte de son 1er enfant, il la frappe au ventre. Elle accouche d’un enfant mort-né. Ils ont eu trois enfants ensemble.

Dans le panier du chien

Les coups ? Ce sont des poings, des planches, des barres de fer et des menaces de mort. "Il la traite de salope, la force a des plans à trois et à des pratiques de soumission. Elle qui a déjà connu, dans son enfance, les viols répétés de son beau-père. Quand elle refuse, elle doit dormir dans le panier du chien." Toxicomane, le prévenu lui demande de l’urine saine. Elle lui fournit. "Il me tient avec les enfants." Et quand elle part se réfugier chez un couple d’amis, il menace le couple, le suit en voiture et sort une arme.

En juillet 2016, elle est admise au CHR Val de Sambre. Elle a été frappée à coups de planche. Elle refuse de déposer plainte. Le nouveau compagnon de la victime est aussi poursuivi en voiture et frappé. "Il menace de le tuer."

Le Parquet ne peut éluder le dépassement du délai raisonnable néanmoins elle requiert deux ans sans s’opposer à des mesures probatoires, notamment en matière de gestion de la violence.

Du côté de la défense, on note le temps pris pour que ce dossier arrive devant le tribunal et sollicite, à titre principal, une simple déclaration de culpabilité. Appelé à s’exprimer une dernière fois, le prévenu précise que les propos rapportés par le Parquet "sont faux à 90%". "C’est une menteuse", conclut-il. Le jugement sera rendu le 5 décembre.