Bienvenue à Sambreville : La Duve, un quartier riche d’un passé industriel et de belles histoires

L’un est Auvelaisien mais passionné de l’histoire Velaine. L’autre, de Vielsalm, est venu vivre à La Duve par amour. Rencontres avec Claude Legrand et Antoine Lescrenier, deux amoureux du quartier.

Bienvenue à Sambreville : La Duve, un quartier riche d’un passé industriel et de belles histoires

Un petit quartier, calme mais riche d’histoire

Avec une douzaine de rues, le quartier de la Duve fait partie des cinq plus petits quartiers de Sambreville sur les vingt que la Plateforme communale des quartiers a recensés sur le territoire. Le quartier est relativement calme, seuls quelques commerces l’animent au quotidien. Il est donc bien loin le temps où l’industrie et le sport rythmaient la vie de ce quartier.

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Celui qui souhaite des renseignements, des photos, des informations sur Velaine-sur-Sambre a intérêt à s'adresser à… un auvelaisien! Qui est cependant resté Velainois de cœur. Bien qu'il habite Auvelais depuis plus de trente ans, Claude Legrand continue à récolter toutes les informations ayant trait à Velaine. Il a même créé un groupe Facebook «Velaine-sur-Sambre». Infatigable, il prend un malin plaisir à photographier aujourd'hui ce que sont devenues les cartes postales d'hier. Ici, au coin de la rue Trieu Melun, qui était auparavant la rue de la Poste, il y a aujourd'hui une pharmacie, dit-il en brandissant une photo prise fin août de l'année dernière. Et avant, c'était la forge du maréchal-ferrant Léopold Legrand, comme le montre cette carte postale. Claude Legrand a tout classé par catégories: les horaires et le parcours du tram? Les anciens noms de rues? Les noms des joueurs de football? Des cartes postales sur le quartier de la Duve? Il suffit de demander, il fournit.

Amour quand tu nous tiens

C'est aussi l'amour qui amené Antoine Lescrenier dans le quartier de la Duve. Lui a quitté sa région natale de Vielsalm pour les beaux yeux d'une Velainoise. Il s'est installé en 1967 à la rue des Acacias. «Il y avait peu de construction, c'était le bois communal partout» se souvient-il. Il est l'un des premiers à s'installer dans ce nouveau quartier et, joueur de football, il va rapidement s'y intégrer. Je jouais à Manhay et ai évolué dans les clubs de Fosses, Spy, Moignelée, Auvelais Sarthe et UBS Auvelais. Et il va vite atterrir à l'Espoir Club Velainois, dont il sera à un moment le vice-président. «Quel gâchis avec la disparition de ce club qui a connu avec les Louis Fontana, Claude Bruyr et Charles Tixhon, d'excellents présidents, constate-t-il, amer. C'était aussi l'époque où le jumelage avec Auby, en France, était actif. Je me souviens avoir joué avec l'Espoir Club en France dans le cadre de ce jumelage.» Au fil des ans, d'autres disparitions ont marqué le quartier et Antoine Lescrenier ne peut que les regretter: «Il y avait la fête de la Duve au café Legrand et on y dansait follement! Cette fête, c'était un événement. Il n'y a pas que cette fête qui est révolue: «Il y avait aussi dans cette rue des Acacias un terrain avec bac à sable, balançoires et toboggans où les enfants du quartier se rassemblaient. C'est maintenant un terrain vague.» Voilà maintenant un demi-siècle qu'Antoine Lescrenier a quitté sa région pour s'installer dans le quartier de la Duve où les constructions ont poussé comme des champignons, tandis que les fêtes et les activités disparaissaient les unes après les autres.

Un passé industriel avec le charbonnage et les ateliers Lefèvre

Bienvenue à Sambreville : La Duve, un quartier riche d’un passé industriel et de belles histoires
©EdA

L’industrie a été représentée par le charbonnage Sainte-Élisabeth et les Ateliers de confection Lefevre. Le 1er septembre 1813, Honoré Michel, Jacques Bauduin, Jean Rosart et Nicolas Warnier adressent une pétition au préfet du département Sambre et Meuse pour deux exploitations de terre houille dans les bois communaux de Velaine, dits Bois de la Duve. En 1829, les concessions occupaient une superficie de plus de 426 hectares et le puits d’extraction avait une profondeur de 80 mètres. Trois ans plus tard, les terrains étaient exploités par Durieux et Hanolet qui employaient douze ouvriers. Le 14 novembre 1905, Clément Scoyer, d’Auvelais, qui était devenu propriétaire en janvier 1903, regroupait certaines concessions et créait la S.A du Charbonnage Sainte-Élisabeth. Le siège de Velaine était doté d’une machine d’extraction électrique du tout dernier modèle et un raccordement avait été établi pour l’arrivée des bois et autres fournitures au vicinal Fleurus-Onoz.

Quant à la société Robert Lefevre, elle a fourni des milliers de vêtements de travail entre 1951 et mars 2008. Cockerill, Duferco, Carmeuse, Sonaca, Prayon, Thy-Marcinelle, Verreries de Momignies, Laurenty, Solvay et bien d'autres encore: elles ont été nombreuses les sociétés à y avoir un jour ou l'autre passé commande. Spécialisée dans la fourniture de vêtements de travail aux entreprises et aux hôpitaux, elle connaît son heure de gloire au début des années 70: les mineurs du Bois du Cazier portent des vêtements fabriqués à Velaine, tout comme les infirmières de la clinique de Mont-Godinne, les ouvriers de la carrière d'Yvoir et ceux d'Electrabel. La SPRL Robert Lefevre a été la dernière en Wallonie à faire des vêtements de travail de A à Z, commentait Nadine Lefevre-Coulon au moment de fermer les portes.

Foot, balle pelote et basket

La première équipe de vétérans de l'Espoir Velainois
La première équipe de vétérans de l'Espoir Velainois ©EdA

Le sport a aussi été bien présent au quartier de la Duve. Le club de football de l’Espoir Club Velainois en a été le porte-drapeau incontestable. Le matricule 6538 qui portait des maillots mauve et blanc n’est cependant pas le premier à avoir défendu les couleurs du village. Fondé en 1929, le Racing Club Velaine-sur-Sambre, en vert et jaune, tapait déjà dans la balle bien avant le début des années 60 quand Serge Hanck lançait le foot à la rue de Jemeppe en attendant l’aménagement du terrain de la Duve. Car le terrain de football a beaucoup voyagé: avant 1940, il se trouvait à la rue du Villez, à l’emplacement actuel de l’église Saint-Martin. Les débuts ont été épiques: lorsqu’il faisait bon, les élèves de la classe de Serge Hanck venaient avec un seau pour ramasser les cailloux. C’est Martin Dybas

On a joué à la balle pelote à la Duve
On a joué à la balle pelote à la Duve ©EdA

qui venait faire les lignes à la chaux, accompagné de Clément Virlée. Au début, le terrain était toujours tondu «à la vache»: il restait parfois quelques bouses qui coloriaient les maillots! La balle pelote a aussi eu ses heures de gloire avec un terrain à la place du Culot du Bois, où se déroulait également chaque année une fête près de la guinguette. «C'était près du café Legrand et les plus belles joutes ont eu lieu jusque vers la moitié des années 60», se souvient Antoine Lescrenier. Marcel Legrand était le président du club de balle pelote. Un club de basket a également été présent: oui, le quartier de la Duve était un quartier bien sportif.