Saint-Gobain Auvelais : « On attend une lueur d’espoir »

Sous le choc de l’annonce de l’arrêt du dernier four, le personnel de Saint-Gobain Glassveut négocier une perspective d’avenir.

Saint-Gobain Auvelais : « On attend une lueur d’espoir »
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Samuel SINTE

Depuis jeudi matin, le personnel de Saint-Gobain Glass à Auvelais est sous le choc: «C'est le stress, la rage, la colère» commente Jean-Pierre Misson, délégué FGTB. «Les gens se retournent vers nous et disent qu'il faut faire quelque chose», complète Patrick Canalaz, pour la CSC.

Pourtant, alors que jeudi la fermeture du second et dernier four de verre plat était annoncée pour fin janvier par la direction, et perçue comme la mise à mort du site, rien n’a bougé.

Sur 330 travailleurs, 150 vont être mis en chômage économique pour un an au moins, mais avec la crainte que jamais la ligne ne redémarre. Depuis, pas un mouvement de grève, pas une action, rien.

Pourquoi? «La direction s'attendait à une grève et s'y était préparée» indiquent les syndicats. Plutôt que de rentrer dans ce jeu stérile, les représentants du personnel veulent user de leurs armes pour négocier ce qui peut encore l'être: «Tant que le four n'est pas éteint, on a un espoir, dit Jean-Pierre Misson. Une fois qu'il sera arrêté, il ne redémarrera jamais.» À moins de garanties. La direction du site doit se rendre au siège parisien, là où les décisions sont prises, cette semaine. Les syndicats veulent croire, et c'est aussi cela qui explique qu'ils aient attendu avant de lancer des actions, à un signe positif qui pourrait en revenir. Sous quelle forme? «Des investissements sur la ligne tant qu'elle est à froid, un plan de formation du personnel» cite Patrick Canalaz. Les syndicats envisagent même un plan social qui, au travers de mises à la prépension, donnerait au site une chance d'être compétitif par rapport aux autres sur le plan de la masse salariale. «Et si on arrête le four, il nous faut un engagement que nous serons prioritaires par rapport aux autres sites dans l'approvisionnement en verre froid pour faire travailler les ateliers qui doivent continuer à tourner.» La marge de manœuvre est étroite et les moyens de pression délicats à utiliser. Si le message de Paris n'est pas rassurant, les actions syndicales ne sont pas exclues dans les semaines qui viennent, mais seront réfléchies. Elles pourraient cibler notamment la production de verre diamant (du verre très clair destiné entre autres aux panneaux photovoltaïques) planifiée en décembre. «Tant que le four est chaud, on veut y croire». Une façon pour les syndicats, de dire que tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.