Coup de boule lors d’un match de foot

Un joueur de Biesme a mis un coup de boule à l’ex-capitaine de Chevetogne, lors d’un match en novembre 2019.

S.M.
 Chevetogne – Biesme en P1 namuroise fut un match houleux.
Chevetogne – Biesme en P1 namuroise fut un match houleux. ©EDA

Le 22 novembre 2019, un médian de l’équipe de foot de Biesme a pété les plombs lors d’un déplacement à Chevetogne. Exclu à la suite d’un tacle trop appuyé, il a ensuite mis un coup de tête au visage du capitaine adverse, Gilles Vercauteren. Sur le plan sportif, cette affaire a déjà été traitée par le Comité Provincial de Namur. L’homme a été suspendu, en appel, jusqu’à la fin de la saison 19-20.

Mais cette affaire n’est pas finie puisqu’elle aura également des répercussions pénale et civile pour le principal intéressé, poursuivi devant le tribunal correctionnel de Dinant pour coups et blessures volontaires. "Une médiation pénale m’a été proposée et je l’ai acceptée. Mais je devais aussi effectuer 30 heures de travaux d’intérêt général et ça, ce n’était pas possible", explique-t-il.

Devant le tribunal, le joueur de Biesme est revenu sur son pétage de plombs, ce soir-là. "C’était un samedi soir, il y avait pas mal de monde et d’alcool. Durant la rencontre, j’ai été la cible d’insultes racistes. J’en ai parlé à l’arbitre qui ne m’a pas soutenu, ce qui m’a un peu gonflé. Le match s’est envenimé et sur une action, j’ai commis un tacle qui était pour moi correct. J’ai voulu me replacer mais plusieurs joueurs de Chevetogne sont venus vers moi pour me pousser. Puis, l’arbitre m’a appelé et m’a mis une seconde jaune. Quand il m’a demandé de quitter le terrain, j’ai eu l’impression d’être resté calme pour rien durant tout le match."

La suite, on la connaît, avec ce coup de tête au visage du capitaine adverse, Gilles Vercauteren. "Il a perdu connaissance quelques secondes puis s’est rendu aux urgences du CHR. Il en est ressorti avec une commotion cérébrale et un nez cassé avec plaie ouverte", plaide son avocate, Me Libois.

« Une zine pas excusable »

Comme il l’a déjà fait devant le CP Namur, le footablleur dit regretter son geste. "J’ai eu une zine, qui n’est pas excusable. Ce geste, ce n’est pas moi. J’ai commencé le foot à l’âge de 5 ans, j’en avais 23 lorsque ce fait a eu lieu, c’était la première fois que cela m’arrivait." Le joueur ose la comparaison avec le joueur français Zinédine Zidane. "Même lui l’a fait (NDLR : en finale de Coupe du monde, face à l’Italie en 2006) et cela ne l’a pas empêché d’être à la tête du Real Madrid par la suite."

"On n’est pas à la Coupe du monde, ici", réagit le parquet de Namur qui requiert une peine de travail de 60h.

Présent à l’audience, Gilles Vercauteren s’est quant à lui dit très déçu de ce qu’il a entendu ce mardi matin. "J’ai l’impression qu’il minimise son geste. Cela fait trois ans que je me réveille chaque matin et que j’y pense. J’ai une bosse sur le nez, une cicatrice et des sinusites à répétition à cause d’un déplacement de la cloison nasale. Le foot était par ailleurs ma passion depuis 30 ans, j’étais capitaine de mon équipe. Ce match face à Biesme a été mon dernier avec Chevetogne. Depuis, je n’ai plus le feu. Ce n’est pas la fin que je voulais."

Jugement le 7 février.

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