Lui à la prison de Jamioulx, elle à la distribution depuis Mettet: ils ont écoulé six kilos de cocaïne pour 130 clients

Ce trafic d’ampleur, orchestré depuis la prison de Jamioulx, aurait permis à ce couple d’empocher illégalement 240 000 €. Ils risquent gros.

Catherine Dethine
« L’argent a même servi à louer un appartement prévu pour la sortie du prévenu mais aussi d’acquérir un cheval et une Audi A6».
« L’argent a même servi à louer un appartement prévu pour la sortie du prévenu mais aussi d’acquérir un cheval et une Audi A6». ©Syda Productions – stock.adobe.c 

De part et d’autre du banc des prévenus: une jeune femme de Mettet (née en 1996) et son compagnon incarcéré, pour un temps certain puisqu’il devrait purger près de 11 ans de prison.

Ils s’aiment toujours. Mais ce qui les réunit devant le tribunal est nettement moins glamour. On leur reproche un trafic de cocaïne, à grande échelle, entre octobre 2020 et mai 2021. On estime à 6 kg la quantité écoulée, soit jusqu’à 250 gr/semaine. Une sacrée dose qui aurait permis, du moins pour la compagne, de vivre confortablement.

Elle est en aveux. "Tout ça m’a dépassée , explique-t-elle. J’ai rencontré mon compagnon et il m’a parlé d’argent facile. "

Incarcéré à Jamioulx, il aurait tout mis au point depuis sa cellule. Il avait les contacts avec les fournisseurs. Elle allait chercher la marchandise et vendait. On estime à 130 le nombre de clients.

Lui aussi reconnaît les faits. Mais, en état de récidive, il n’apprécie guère qu’on revienne toujours sur l’épaisseur de son casier.

Pour le substitut De Scheemaekere, les faits remontent au mois d’octobre 2020. La téléphonie a livré des contacts allant jusqu’à 250 communications par jour. À son rythme de croisière, le commerce (pour sa part) pouvait atteindre jusqu’à 250 grammes par semaine. Soit un kilo par mois. On estime à 6 kg, la quantité effectivement écoulée. Selon le substitut, l’actif illégalement perçu est de l’ordre de 240000 €.

Un appart, une Audi

À côté de cela, la perquisition opérée en mai 2021 a permis de mettre la main sur 180 grammes de cocaïne, 43000 € et un nombre impressionnant d’appareils électro et multimédia. " L’argent a même servi à louer un appartement prévu pour la sortie du prévenu mais aussi d’acquérir un cheval et une Audi A6". Un véhicule qui a permis à la jeune femme de faire le job. La fin du trafic est quasiment tombée à point tant le rythme était infernal.

Le Parquet requiert pour le détenu, en état de récidive: 6 ans, la confiscation des biens saisis, l’actif illégal et une amende de 8000 €. Pour sa compagne, le substitut De Scheemaekere demande 4 ans (sans s’opposer à un éventuel sursis), la confiscation de biens et une amende identique tandis que son avocat plaide la peine de travail ou, à titre subsidiaire, le sursis pour ce qui excède la préventive.

Tâche un peu plus compliquée pour MeSomers qui doit composer avec un casier plutôt chargé. Sans mettre en sourdine la gravité d’un tel trafic, l’avocate estime que condamner son client à 6 années supplémentaires est "u ne mise à mort" pour quelqu’un qui se décrit comme " une cible de la Justice". Elle sollicite 3 ans. Une peine jugée trop légère du côté du Parquet au vu de la dangerosité que représente la cocaïne. Jugement le 21 mai.