Mettet : après 16 ans de travaux, Thozée sent enfin le neuf

Le Fonds Félicien Rops orchestre la restauration du château de Thozée depuis 16 ans. La phase 4 est enfin achevée. Avec un résultat spectaculaire.

Pierre Wiame
Mettet : après 16 ans de travaux, Thozée sent enfin le neuf
Le château de Thozée ©ÉdA – 301095969511

Maintenant enfin, et seulement maintenant, on peut dire que la restauration du château de Thozée touche doucement à sa fin. Il faut dire que, depuis plus de dix ans, à chaque «porte ouverte », on retrouvait le rez-de-chaussée tel que nous l’avions laissé six mois ou même 12 mois plus tôt, murs abîmés, lézardés, moulures explosées, plafonds percés, planchers usés et l’on en passe. Ce n’était pourtant pas le signe d’un arrêt de ce chantier épuisant, bureaucratiquement parlant, car éligible à de considérables subventions de la Région wallonne. Simplement, la restauration du rez-de-chaussée, dans l’initiale programmation des travaux, avait été reprise dans la phase 4, c’est-à-dire après quasiment tout le reste.

Avant cette phase 4, il y a eu les phases visant prioritairement la réfection de l’enveloppe extérieure de ce château de belle noblesse à la campagne. Car, quand la Fondation Félicien Rops en a hérité, en 1996, cette gentilhommière où Rops, marié à Charlotte Polet de Faveaux, avait tant refait Paris et le monde, moisissait depuis des décennies dans l’humidité. Il s’agissait, en urgence, de restaurer le toit, de remplacer les châssis, de repeindre les façades, de refaire un égouttage convenable mettant les murs hors des eaux de ruissellement.

Avant le début de ces hostilités au long cours, la Fondation, devenue depuis un Fonds, avait déjà consacré 4 années à une étude globale de ce projet ambitieux, sans toucher à rien.

«Selon notre planning initial, tout aurait dû être terminé depuis longtemps. Mais cela fait des années que nous ne planifions plus rien, tellement les procédures sont administrativement lourdes» souligne Thierry Jonard, le patient et passionné président du Fonds Félicien Rops. Et il en a fallu, de la passion, pour pouvoir supporter cette charge.

Personne ne s’étonnera que ce monument historique perdu au milieu de nulle part soit classé et qu’il doit sa réputation et sa sauvegarde à la reconnaissance internationale de Félicien Rops.

Un espace muséal en… 2020

Mais cette fois, le coup d’œil est tout autre car l’électricien est passé par le rez-de-chaussée, ainsi que le plafonneur et le menuisier, pour réparer à l’identique les lambris et le parquet vermoulus. Préalablement, les restaurateurs ont dû éradiquer trois foyers de mérule.

Depuis, la célèbre gentilhommière a fait un sacré bond dans le temps. Il reste cependant de l’ouvrage. À terme, le rez-de-chaussée est appelé à devenir un espace muséal, ce qui suppose une scénographie et des finitions bien spécifiques au niveau du choix des tentures, du papier peint et des peintures. Ce poste final nécessitera une importante étude, l’établissement d’un nouveau certificat de patrimoine et d’un nouveau cahier des charges. Ceux-ci ne sont pas attendus avant 2018.

Le gros-œuvre de la phase 4 a également fait un sort au triste état de l'aile 9, grâce à des fonds levés par «crowdfunding ». Le public y a toujours été privé d'accès à cause de la menace posée par une poutre maîtresse totalement vermoulue. «Se trouvaient là le salon vert ainsi qu'un atelier de dessin et de gravure. La récupération de ces espaces constitue une spectaculaire avancée » poursuit Thierry Jonard.

Le pignon ouest du château, gorgé d’humidité, a lui aussi été assaini et bardé. Enfin, cette même phase 4 a englobé la réfection totale du porche d’entrée, maçonneries et toiture, qui menaçait d’effondrement. La phase 5, et la dernière, concernera l’aménagement des ailes nord et sud, l’une en zone d’accueil de l’espace muséal et l’autre en cafétéria et ateliers. Ces ailes achevées, Thozée pourra enfin s’envoler dans sa nouvelle vie du XXIe siècle.

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