Saint-Gérard : les photos du vicomte de Thomaz parlent

Expo inédite. Deux passionnés ont ramené à la lumière les photos et carnets du vicomte de Thomaz de Bossierre, camérier à Rome.

Pierre Wiame

Le village de Bossière a beau être petit, il a écrit de riches pages d’histoire. Mais qu’en reste-t-il? Des bribes de textes et d’images épars. Beaucoup ignorent qu’un des anciens occupants du château, Fernand de Thomaz de Bossierre (1866-1932) a eu une incroyable vie de voyageur et qu’il a apporté une précieuse contribution à la mémoire collective.

L’actuel propriétaire de ce beau château, Bernard de Thomaz, a invité l’historienne de formation Françoise Auvenne et Jean-Claude Genard à se plonger dans les archives de son illustre grand-oncle Fernand, constituées d’un millier de plaques et négatifs photographiques et de nombreux carnets.

Des boîtes clic clac primitives

La vie de son aïeul n’a en effet pas été banale. Il ne s’est pas marié, n’a pas eu d’enfants, consacrant l’essentiel de son temps libre à sa passion de la photographie.

Au début du XXe , les boîtes (révolutionnaires) à figer des instants, des portraits, des moments de bonheur en famille, sont aussi primitives qu’efficaces. Et réservées à une élite. Amoureux de sa localité, il a laissé en héritage une moisson d’instantanés, capturés avec son Kodak, en ayant soin de les dater et de les situer dans l’espace. Une précaution de classement inestimable pour Françoise Auvenne et Jean-Claude Genard qui, depuis deux ans, nourrissent le projet de montrer au public ce fonds de photographies, dans le cadre d’une exposition, et même de lui consacrer une publication abondamment illustrée. Sans en avoir le titre ni l’ambition, Fernand de Thomaz a été un reporter pour Bossière, fixant principalement sur pellicule les grands moments de la vie religieuse locale telles que les processions jalonnant généreusement l’année en ce temps-là, si pieux et si dévot. Les clichés sélectionnés – une centaine sur un bon millier -, témoignent de la vivacité de la piété populaire, du grand déploiement d’autels et de bannières, les villageois allant jusqu’à tresser des portails de bienvenue lors de la visite de leur évêque.

Cet homme, quoique pieux, proche du pape, avait un sens critique mesuré. Dans l’un de ses carnets, rédigés en anglais, du fait de son éducation en Angleterre, il retient que la procession organisée un certain 20août 1922 est trop longue. Et même qu’il y a eu une fausse note, la fanfare jouant un morceau dans l’église, clouant apparemment le bec au Te Deum.

L’expo se déroulera du 31août au 2septembre, de 10 à 18h, à l’église St-Charles et la salle « Notre Tannière ». Une organisation de l’ASBL Monuments et sites de St-Gérard et Graux.

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