Les infrarouges comme chauffage

Écologie et économie occupaient une place de choix au salon Batireno. Illustration avec une société qui commercialise un chauffage à infrarouge.

Benoît Wattier
Les infrarouges comme chauffage
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La technologie n'est pas neuve. En Autriche, le chauffage par infrarouge remonte à la fin des années 90, lorsque la firme Redwell l'a développé. En France, c'est Lexin qui est active dans le secteur. Chez nous, il reste encore assez confidentiel. Pourtant, couplée à une installation photovoltaïque, c'est une piste intéressante pour relever le défi énergétique.

S'il s'agit bien d'un chauffage électrique en tant que tel, « il n'agit pas par convection, selon lequel l'air transporte la chaleur, explique Pierre Legrand, de la société Ecosystec, créée en 2007 avec l'association de trois patrons de sociétés actives dans le domaine. Ici, les rayons infrarouges ont pour effet de chauffer tous les matériaux solides ou liquides. L'air se réchauffe ensuite indirectement en absorbant la chaleur emmagasinée par les matériaux. » Selon les promoteurs de ce mode de chauffage alternatif, les avantages sont nombreux. D'abord parce que le système de chauffage ne nécessite pas d'installation centralisée et les déperditions de chaleur que cela comporte : un ou deux panneaux, simplement branchés à une prise, suffisent à chauffer une pièce. Plus besoin de chaudière ni de radiateurs, et donc de l'entretien qu'une installation classique impose. La chaleur est, en outre, plus uniformément répartie dans la pièce et la régulation se fait par simple thermostat.

800 ? pour 12 m2

Mais le principal atout avancé par la société de Biesme, importateur exclusif pour la Belgique du matériel autrichien, c'est l'économie d'énergie. « L'émission des infrarouges nécessite cinq à six fois moins d'électricité qu'un chauffage électrique classique, poursuit Pierre Legrand. Et par rapport à une installation au mazout, entretien compris, on divise pratiquement la facture par trois. Si l'on combine l'installation avec des panneaux photovoltaïques, on peut encore réduire la facture, voire même être autonome pour le chauffage de son habitation », assure le manager technique d'Ecosystec.

La colonne des inconvénients est moins garnie, à entendre les promoteurs du système. Le positionnement des panneaux, de la taille d'un grand cadre le plus souvent, est peut-être le principal : il doit se situer à hauteur d'homme. « Mais il est possible de l'intégrer à un miroir, par exemple dans une salle de bain, d'en faire un cadre décoratif ou encore un tableau d'ardoise, précise le technicien. On peut même le placer au plafond. » Les incidences sur la santé seraient même positives ! Selon Redwell, les ondes infrarouges renforcent le système immunitaire et, dans le cas de cette marque en tout cas, il n'y a pas d'émission d'ondes électromagnétiques. Garantis cinq ans, les panneaux, composés surtout de carbone, auraient une longévité bien plus longue. « En cinq ans, nous avons équipé entièrement 300 maisons. Sans souci jusqu'à présent », assure Pierre Legrand.

Reste le prix : de l'ordre de 800 ? pour un panneau de 600 watts, soit de quoi chauffer 12 m2. Sans prime écologique jusqu'à présent. Pour Ecosystec, même sans cela, l'installation est très vite amortie.