Deux garages trafiquaient les compteurs

Entre 1999 et 2005, on a trafiqué les compteurs de dizaines d’autos dans deux garages de Fosses-la-Ville et Mettet. Les victimes réclament des milliers d’euros.

Samuel husquin
Deux garages trafiquaient les compteurs
compteur kilomètres ©EdA

«Combien de kilomètres au compteur ?» Le refrain est connu sur les marchés de voitures d'occasion. Seulement voilà, les chiffres inscrits au cadran ne constituent pas une garantie ultime pour connaître l'état exact de l'usure de l'auto. Certains marchands et garagistes peu scrupuleux ont en effet parfois eu trop tendance à traficoter les compteurs. Histoire de donner un coup de jeune à des véhicules qui avaient déjà… bien des heures de vol. Mais ce petit jeu n'amuse guère la Justice. Depuis 2004, une loi régit et réprime directement ce genre de fraude. Et hier, devant le tribunal correctionnel de Namur, deux dossiers du genre étaient à l'ordre du jour de l'audience de la présidente Martine Scarcez.

Deux garagistes sont plus directement ciblés. Ils sont d’ailleurs tous les deux en aveux. Partiels, pour le moins. Le premier, Olivier Lefief, était garagiste dans la région de Mettet. On le suspecte, lui et son «équipe», d’avoir chipoté à une bonne cinquantaine de compteurs entre 2001 et2005. Parmi les autos rajeunies, on trouve une grande majorité de VW et d’Audi. Apparemment, les petits filous n’hésitaient pas à redescendre le compteur de vingt, trente voire même de soixante mille kilomètres…

Dans cette première affaire, un agent du contrôle technique de Mariembourg est également inquiété. On le suspecte d'une certaine «complaisance» au moment d'inscrire le kilométrage du véhicule contrôlé. «J'ai fait ça pour rendre service, sans trop me rendre compte», souffle le prévenu. «Mais je n'ai pas touché d'argent.»

Fraude sur le compteur kilométrique: un reproche similaire est formulé à l’encontre d’André Mazuin, un septuagénaire qui a géré le garage VW de Fosses-la-Ville durant des dizaines d’années. Ici, la fraude est moins vaste puisqu’elle porte sur neuf «bidouillages», commis entre 1999 et2006. Trois faits sont contestés par le prévenu qui n’est plus à la tête du garage aujourd’hui.

Pour mener cette opération à bien, les garagistes faisaient appel au même spécialiste. «Je n'ai pas de qualification spéciale», répond ce dernier à la présidente qui lui demande si cette manœuvre est si complexe. «Il faut connaître les bons programmes pour se brancher sur l'auto. Mais on trouve cela sur internet», continue Giuseppe, le «technicien» venu de LaLouvière. Dans ce dossier, une petite dizaine de clients lésés se sont constitués parties civiles. Ils réclament des montants qui vont de 1500 à 7 100€.

Ce que risquent les garagistes et les autres prévenus ? Une sanction financière bien plus qu’un séjour derrière les barreaux. Outre l’indemnisation des parties civiles, ils pourraient aussi devoir régler des amendes assez conséquentes. Et là, il ne sera plus vraiment possible de traficoter les chiffres au compteur.¦

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...