Le « Rock bless you » liquide ses décibels

Le festival a vécu.Les raisonsde sa disparitionsont nombreuses.L’une des organisatrices tire le nécessaire bilan.

Le « Rock bless you » liquide ses décibels
4938318[1].jpg ©ÉdA P.R.
Sebastien gilles

C’est une histoire d’amitié, de musique et de filles qui se termine en silence après cinq années de fureur pop-rock: le «Rock bless you» festival n’aura pas lieu en 2012, n’aura plus lieu du tout.

«Ça n'a pas été une décision facile à prendre, analyse Dorothée Grimaz, cocréatrice de l'événement. C'est d'ailleurs pour cela que nous l'annonçons si tard». La jeune trentenaire coupe immédiatement court aux rumeurs: si le festival met ses guitares sous le paillasson, ce n'est pas pour des raisons financières. Jouissant, dès le début, d'un soutien actif de la Ville et de l'ASBL «Fleurus Culture», l'événement n'a jamais plongé dans le rouge: «On s'en sortait, poursuit Dorothée. Mais tout en restant à l'équilibre, nous n'avons jamais dégagé les bénéfices nécessaires si nous avions voulu faire évoluer la formule du festival».

Et c'est probablement plutôt là que le bât a blessé: le «Rock bless you» est resté tel qu'il était, ses organisatrices ont évolué. «La vie change, tout simplement. Nous vieillissons. nos envies, nos projets changent aussi. Et puis, toutes les trois, nous avons toujours assuré l'organisation du festival en pur hobby bénévole, en plus de nos emplois à temps plein. Or, chaque Rock bless you, c'était une année complète de préparation dont six semaines intensives juste à l'approche du festival».

D'une certaine manière, avec une programmation volontairement pop-rock mettant en évidence des artistes de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le festival a connu la rançon du succès: «Nous avons accueilli jusqu'à 800 personnes en une fois. Et, sur scène, nous avons présenté Suarez, Lucy Lucy, The Tellers et, ma fierté personnelle, Puggy, juste avant qu'ils ne deviennent les vedettes que l'on sait».

Dorothée Grimaz avoue, dès lors, une certaine déception, accentuée par un aveu nécessaire: «Nous n'avons jamais vraiment atteint la totalité de nos objectifs de départ. Car notre public venait de partout, et parfois de bien loin, mais rarement de Fleurus même. Alors que notre seule ambition, au début, c'était de proposer, dans notre ville, le genre de concerts pour lesquels nous étions, nous-mêmes, prêtes à rouler cent kilomètres pour y assister».