Turbulences autour du cadre éolien

Le cadre de référence éolien a lancé un débat sur cette énergie renouvelable. Aiseau-Presles est concernée, mais les sites potentiels sont imprécis.

Benoît Wattier
Turbulences autour du cadre éolien
Conseil communal ©ÉdA – 202097461353

Le plan éolien est arrivé sur la table des conseillers communaux, réunis lundi soir à Aiseau-Presles. La commune semble concernée par cette initiative du Gouvernement wallon. «Semble», en effet, car sur base de la carte numérique fournie par les instances régionales, il n’est pas possible de localiser avec précision les zones qui pourraient un jour, accueillir des éoliennes.

Plusieurs espaces ont été délimités sur le territoire d’Aiseau-Presles, toutes vers Presles. On en trouve à proximité du Bois de la Taille-Marie, dont un aux confins de Châtelet et de Villers-Poterie (Gerpinnes). Une zone a aussi été définie du côté du Bois Maître Piron, vers Le Roux (Fosses-la-Ville).

Le collège de chaque commune wallonne est invité à remettre un premier avis sur ce cadre, certes louable aux yeux des mandataires, mais trop imprécis. Pour diverses raisons, plusieurs communes ont d’ores et déjà manifesté leur opposition. À Aiseau-Presles, on n’a pas remis d’avis. Tout simplement parce que le collège n’a pu disposer, dans les temps, d’une localisation suffisante, a expliqué l’échevin de l’Environnement, Dominique Grenier.

Prudence, à tout le moins

Il n’empêche que le projet wallon ne semble guère susciter l’enthousiasme. L’échevin responsable s’est empressé de souligner que, sur base des informations fournies par la Région wallonne, les zones ciblées comportent une contrainte partielle, à savoir un angle de vision sans éolienne inférieur à 130° à partir des sites.

Mais au MR, on se montre prudent, pour ne pas dire méfiant. Samy Sidis a émis des doutes sur le gain en CO2 généré par les éoliennes qui, en raison de l’intermittence de la production, nécessite le recours à des centrales au gaz. Il a aussi évoqué la question du coût de cette énergie pour la population et les entreprises, les nuisances. Dans le cadre de la procédure en cours, il s’est inquiété du principe de l’autonomie communale: il ne faudrait pas que l’avis des communes ne soit que consultatif, mais qu’il s’agisse d’un véritable avis conforme. Ce que, selon Samy Sidis, la procédure escamote, sans même parler de la carte fournie qui pose question.

Philippe Charlier, (Ensemble) a, quant à lui, estimé opportun d'ouvrir le débat et de transmettre l'information aux communes. «Mais tout processus nouveau procède par essais et erreurs», a-t-il insisté, en évoquant la problématique des certificats verts. Sans pour autant se prononcer sur le sort à réserver aux projets qui pourraient éclore à Aiseau-Presles, il a toutefois évoqué la possibilité d'implanter des éoliennes le long des autoroutes, «ce qui rapporterait à la Région wallonne».

Si la commune ne rend pas d’avis cette fois, elle le fera dans le cadre de l’enquête publique qui sera organisée au début de l’été. Le projet, avec sa cartographie, sera adopté en fin d’année par le Gouvernement wallon.