Conseil communal de Sombreffe : Pour finir 2022, les sourires des enfants, les simagrées des adultes

Le dernier conseil communal de l’année a donné lieu à une sympathique mise à l’honneur de quatre jeunes. Et puis les adultes ont livré un triste spectacle.

Samuel SINTE
 En début de séance photo de famille souriante avec les quatre jeunes «méritants». Après, ça s’est crispé.
En début de séance photo de famille souriante avec les quatre jeunes «méritants». Après, ça s’est crispé. ©- 

La période des fêtes est aussi celle des rétrospectives de l’année. Et pour sa dernière séance de 2022, le conseil communal de Sombreffe a livré un "best of" de ce qu’il peut offrir… de pire: peu de contenu de fond, du show politique, des piques et des coups bas, des chamailleries… et beaucoup de temps perdu pour rien. Récit des différents épisodes, tristement édifiants.

Ça chauffait déjà par mail avant conseil

Ça avait démarré bien avant la séance, par des échanges de mails entre les chefs de groupes de la minorité et le collège. Les premiers déplorant que la réunion initialement prévue le 22  décembre ait été annulée, puis une autre convoquée pour ce jeudi 29. Pas la période idéale, selon eux, pour préparer ça correctement.

Un seul élu vous manque et tout vote est compliqué

La tension est encore montée d’un cran quand on a appris que le président du CPAS, Benoît Vandenschrick, serait absent pour raisons de santé. Vu le rapport de force majorité contre opposition (10-9 en temps normal) le collège allait potentiellement se trouver en difficulté de faire voter les points de l’ordre du jour. Dans les rangs de la minorité, on se concertait, les heures précédentes, pour savoir quel usage faire de cette situation. Fallait-il en profiter pour "marquer le coup" et démontrer en bloquant les dossiers que le bourgmestre Étienne Bertand et ses troupes IC-MR avaient été inconséquents en partant au pouvoir avec une majorité aussi courte ?

La première crispation s’est sentie en début de séance quand l’élue PS de la liste CI-LdB, Betty Hainaut, a pris la parole. Pour expliquer, en substance, qu’elle avait subi des pressions avant conseil, de la part de membres de la minorité, l’incitant à faire bloc contre le collège: "On est en démocratie, je vote encore comme je veux… Et quand je vois de bonnes choses, je vote pour."

« On ne paralyse pas la Commune »

Aucun problème en début de séance, cependant: pas de dossier polémique, rien de "saignant" et donc une consensuelle unanimité flotte dans l’air. Au vote des "douzièmes provisoires" (la mécanique financière permettant de démarrer l’année 2023 et de débloquer de la trésorerie alors que le budget n’est pas encore ficelé), les trois chefs de groupe de la minorité regrettent que ledit budget tarde à venir. "Mais nous allons voter les douzièmes pour permettre à la Commune de fonctionner" rassurent Philippe Leconte (CI-LdB), Éric Van Poelvoorde (Écolo) et Marc Laloux (DéFI).

« Vaudeville »

Mais, à partir du point suivant, les trois mêmes de demander au bourgmestre le report pur et simple du reste de l’ordre du jour. Au motif qu’il n’y figure "rien d’urgent" et que, vu les changements de dates, les conseillers de la minorité n’ont pas eu le temps de préparer les dossiers et de voter en bonne connaissance de cause. Dans les rangs du collège, on tombe des nues. L’échevin des finances, Jonathan Burtaux, décrypte: "Si Benoît Vandenschrick était là, cette discussion n’aurait pas lieu. Vous profitez de la situation pour faire du vaudeville. À l’ordre du jour il reste des marchés publics pour des sandwichs, des gâteaux et des fleurs pour les cérémonies, ne venez pas dire que ça demande grande préparation pour vous…"

Le respect se perd

Étienne Bertrand fulmine aussi: "Il y a 22 points à l’ordre du jour, vous avez sept jours de délai légal pour les préparer, vous êtes neuf conseillers dans l’opposition et vous osez dire que vous n’avez pas eu assez de temps ? Vous osez dire que la période des fêtes n’est pas propice à un conseil communal ? Et les hôpitaux, les bus, les trains, les entreprises, qui fonctionnent normalement ? En tant que conseillers communaux vous faites partie du service public et vous manquez de respect à cette fonction." Respect. Le mot est aussi dans la bouche de Valérie Thaens (Écolo) à l’adresse du bourgmestre: "Vous manquez de respect vis-à-vis de l’opposition." Elle relève la gestuelle et le ton employés par le mayeur où elle lit de l’ironie moqueuse. Réplique: "Moi non plus je ne me sens pas respecté," se plaint Étienne Bertrand.

Au bout d’une vingtaine de minutes de ce petit jeu puéril du "qui c’est qui a commencé à manquer de respect", la proposition de report des points est soumise au vote… et rejetée. On continue donc l’ordre du jour… où l’opposition s’en tient à des votes d’abstention puisque, sur le fond, elle n’est pas défavorable aux dossiers du jour. Tout ça pour ça.

On se quitte en clôture de séance publique sur l’échange des bons vœux et des sourires crispés. Que souhaiter à la Commune de Sombreffe pour 2023 ? Un peu mieux que ça, comme niveau de débat politique, ce serait un bon début…

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